Déposée par Isabelle Santiago
En discussion depuis le 16 septembre 2024
Question abordée
Faut-il étendre jusqu'à 25 ans l'accompagnement obligatoire des jeunes adultes sortant de l'aide sociale à l'enfance, afin de leur garantir une transition vers l'autonomie comparable à celle dont bénéficient les autres jeunes ?
Présentation du texte
En France, près de 377 000 enfants sont chaque année pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), dispositif géré par les départements pour protéger les mineurs en danger ou en grande difficulté sociale. Si ce soutien cesse ou se réduit drastiquement dès 18 ou 21 ans, ces jeunes se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes sans filet familial ni ressources suffisantes pour faire face aux exigences de la vie adulte. Les conséquences sont alarmantes : plus d'un quart des personnes sans domicile nées en France sont d'anciens enfants placés, alors qu'ils ne représentent que 2 à 3 % de la population. Chez les 18-25 ans, cette proportion monte à 36 %. Parallèlement, leurs parcours scolaires sont contraints — 40 % s'orientent vers un CAP contre 17 % vers un baccalauréat général, alors que 51 % des autres jeunes accèdent à ce niveau. La loi du 7 février 2022 (dite « loi Taquet ») avait permis aux départements de prolonger l'accompagnement jusqu'à 21 ans, mais ce dispositif reste optionnel et peu appliqué : en 2020, 64 % des jeunes concernés ne bénéficiaient d'aucune prise en charge. S'inspirant notamment du modèle québécois, cette proposition de loi portée par Mme Isabelle Santiago et de nombreux députés du groupe socialiste vise à rendre obligatoire la proposition d'un accompagnement jusqu'à 25 ans. Concrètement, le texte se compose de trois articles : le premier étend à 25 ans l'obligation faite aux départements et à l'État de proposer un parcours d'insertion ; le deuxième ouvre la possibilité d'entretiens de suivi jusqu'au même âge ; le troisième prévoit le financement par une taxe additionnelle sur le tabac.
Remplace la limite d'âge de 21 ans par 25 ans dans l'article L. 222-5-2 du code de l'action sociale et des familles, rendant obligatoire la proposition d'un parcours d'insertion jusqu'à 25 ans pour les jeunes ayant été pris en charge par l'ASE.
Remplace la limite d'âge de 21 ans par 25 ans dans l'article L. 222-5-2-1 du même code, permettant aux jeunes concernés de demander un entretien de suivi de leur parcours jusqu'à leurs 25 ans.
Prévoit la compensation financière de la charge supplémentaire pour l'État et les collectivités territoriales par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs et par la majoration de la dotation globale de fonctionnement.
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