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Adaptation des objectifs de construction de logements locatifs sociaux aux réalités locales

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Proposition de loiEn commission

Adaptation des objectifs de construction de logements locatifs sociaux aux réalités locales

Économie

Déposée par Michèle Tabarot

En discussion depuis le 2 décembre 2024

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Question abordée

Les communes très densément peuplées ou exposées à des risques naturels cumulés devraient-elles être dispensées des quotas de logements sociaux imposés par la loi SRU ?

Présentation du texte

Depuis 2000, la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains) oblige les communes de plus de 3 500 habitants situées dans des agglomérations de plus de 50 000 habitants à disposer d'un quota minimum de logements locatifs sociaux (20 % ou 25 % selon les cas). Des dérogations existent déjà pour les communes dont plus de la moitié du territoire urbanisé est frappée d'inconstructibilité au titre d'un Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN), mais elles sont jugées trop restrictives. Cette proposition de loi, portée par des députés du groupe Les Républicains, entend élargir ces possibilités de dérogation pour tenir compte de deux réalités locales insuffisamment prises en compte : d'une part, la multiplicité et la diversité des risques naturels (incendies et inondations pouvant désormais se cumuler, risques modérés inclus) ; d'autre part, la très forte densité de population de certaines communes, qui ne disposerait plus de foncier disponible pour accueillir de nouveaux logements sans aggraver les risques. Concrètement, les communes dont la densité dépasse 3 000 habitants par kilomètre carré pourraient être exemptées des obligations de quota de la loi SRU. Ce seuil représente le double de celui retenu par Eurostat pour qualifier une zone de « très densément peuplée ». Les communes bénéficiant d'une dérogation conserveraient néanmoins une obligation de flux : au moins 25 % de logements sociaux dans toute opération de plus de 12 logements ou de plus de 800 m² de surface de plancher. Quatre amendements ont été déposés par le Rassemblement National : l'un vise à supprimer le critère de densité, jugé sans lien avec les risques naturels ; un autre conteste l'efficacité actuelle de la loi SRU et propose de la réformer plus profondément ; un troisième défend l'accession à la propriété comme objectif prioritaire de la politique du logement ; le quatrième propose d'étendre les risques reconnus à la sécheresse, absente du texte actuel.

Les arguments

Mettre fin à l'injonction contradictoire consistant à imposer de construire des logements sociaux dans des zones où l'imperméabilisation des sols aggrave les risques d'inondation.
Permettre le cumul de différents types de risques naturels (inondations, incendies…) pour apprécier l'inconstructibilité d'un territoire, là où seul un risque à la fois était pris en compte.
Inclure les risques naturels modérés — jusqu'ici ignorés — dans le calcul des surfaces soumises à des limitations de construction.
Reconnaître que les communes très denses disposent d'un foncier réellement limité, rendant les objectifs SRU structurellement impossibles à atteindre sans densification supplémentaire.
Éviter d'aggraver les risques naturels pour les populations en empêchant toute artificialisation supplémentaire dans des territoires déjà saturés.
Maintenir une obligation résiduelle de mixité sociale même pour les communes exemptées, via le quota de 25 % dans les nouvelles opérations d'une certaine envergure.
Adapter la loi nationale aux spécificités géographiques et démographiques locales, dans une logique de différenciation territoriale.
Répondre aux préoccupations environnementales en cohérence avec les objectifs de réduction de l'artificialisation des sols portés par la loi Climat et Résilience.
Le critère de densité de population n'a pas de lien direct avec les risques naturels, ce qui fragilise la cohérence interne du texte et ouvre la voie à des exemptions d'ordre urbanistique plutôt qu'environnemental.
Les communes très denses sont souvent celles où la demande de logement social est la plus forte et les listes d'attente les plus longues, rendant une exemption particulièrement pénalisante pour les ménages modestes.
La mesure pourrait permettre à des communes aisées et densément peuplées d'échapper durablement à leurs obligations de mixité sociale, au détriment de la cohésion territoriale.
L'obligation résiduelle de 25 % dans les nouvelles opérations ne compense pas l'abandon du quota global, car le rythme de construction dans les communes très denses est structurellement faible.
La loi SRU a contribué à la construction de près d'un million de logements sociaux dans des communes déficitaires depuis 2000 : tout affaiblissement de ses mécanismes risque de freiner significativement cet effort.
Le texte ne prévoit ni évaluation indépendante ni clause de révision permettant de mesurer l'impact réel des nouvelles dérogations sur l'offre de logement social.
L'extension aux risques modérés combinée à la possibilité de cumul pourrait conduire à une multiplication des communes exemptées bien au-delà de ce que l'exposé des motifs laisse entrevoir.
La proposition ne s'attaque pas aux causes structurelles de la pénurie de logements sociaux, notamment le manque de financement public et le désengagement de certaines collectivités.
✓ POUR8
Mettre fin à l'injonction contradictoire consistant à imposer de construire des logements sociaux dans des zones où l'imperméabilisation des sols aggrave les risques d'inondation.
Permettre le cumul de différents types de risques naturels (inondations, incendies…) pour apprécier l'inconstructibilité d'un territoire, là où seul un risque à la fois était pris en compte.
Inclure les risques naturels modérés — jusqu'ici ignorés — dans le calcul des surfaces soumises à des limitations de construction.
Reconnaître que les communes très denses disposent d'un foncier réellement limité, rendant les objectifs SRU structurellement impossibles à atteindre sans densification supplémentaire.
Éviter d'aggraver les risques naturels pour les populations en empêchant toute artificialisation supplémentaire dans des territoires déjà saturés.
Maintenir une obligation résiduelle de mixité sociale même pour les communes exemptées, via le quota de 25 % dans les nouvelles opérations d'une certaine envergure.
Adapter la loi nationale aux spécificités géographiques et démographiques locales, dans une logique de différenciation territoriale.
Répondre aux préoccupations environnementales en cohérence avec les objectifs de réduction de l'artificialisation des sols portés par la loi Climat et Résilience.
✕ CONTRE8
Le critère de densité de population n'a pas de lien direct avec les risques naturels, ce qui fragilise la cohérence interne du texte et ouvre la voie à des exemptions d'ordre urbanistique plutôt qu'environnemental.
Les communes très denses sont souvent celles où la demande de logement social est la plus forte et les listes d'attente les plus longues, rendant une exemption particulièrement pénalisante pour les ménages modestes.
La mesure pourrait permettre à des communes aisées et densément peuplées d'échapper durablement à leurs obligations de mixité sociale, au détriment de la cohésion territoriale.
L'obligation résiduelle de 25 % dans les nouvelles opérations ne compense pas l'abandon du quota global, car le rythme de construction dans les communes très denses est structurellement faible.
La loi SRU a contribué à la construction de près d'un million de logements sociaux dans des communes déficitaires depuis 2000 : tout affaiblissement de ses mécanismes risque de freiner significativement cet effort.
Le texte ne prévoit ni évaluation indépendante ni clause de révision permettant de mesurer l'impact réel des nouvelles dérogations sur l'offre de logement social.
L'extension aux risques modérés combinée à la possibilité de cumul pourrait conduire à une multiplication des communes exemptées bien au-delà de ce que l'exposé des motifs laisse entrevoir.
La proposition ne s'attaque pas aux causes structurelles de la pénurie de logements sociaux, notamment le manque de financement public et le désengagement de certaines collectivités.

Résumé des articles· 1 article

Art. unique

Modifie l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation pour permettre le cumul de risques naturels multiples (forts et modérés) afin de justifier une dérogation aux quotas SRU, crée une nouvelle exemption pour les communes dont la densité dépasse 3 000 habitants/km², et maintient pour ces communes une obligation de réaliser au moins 25 % de logements sociaux dans les nouvelles opérations de plus de 12 logements ou 800 m².

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Art. unique

Modifie l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation pour permettre le cumul de risques naturels multiples (forts et modérés) afin de justifier une dérogation aux quotas SRU, crée une nouvelle exemption pour les communes dont la densité dépasse 3 000 habitants/km², et maintient pour ces communes une obligation de réaliser au moins 25 % de logements sociaux dans les nouvelles opérations de plus de 12 logements ou 800 m².

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