Déposée par Jean-Claude Raux
En discussion depuis le 22 décembre 2025
Question abordée
La France doit-elle interdire les pesticides de synthèse et les engrais azotés minéraux autour des captages d'eau potable pour garantir une eau du robinet saine à tous les citoyens ?
Présentation du texte
Depuis plus de 60 ans, la France légifère sur l'eau sans parvenir à enrayer sa contamination par les pesticides et les nitrates. En 2023, 17 millions de Français ont consommé une eau du robinet non conforme aux normes de qualité pour les pesticides. L'acide trifluoroacétique (TFA), un polluant dit « éternel », a été détecté dans 92 % des prélèvements analysés en 2024-2025. Depuis 1980, 14 300 captages d'eau potable ont été fermés, dont plus d'un tiers à cause de leur pollution. Les coûts de traitement sont déjà estimés entre 750 millions et 1,3 milliard d'euros par an, et pourraient atteindre 12 milliards si l'on mesure pleinement la contamination aux polluants éternels. Déposée par des députés écologistes et de gauche en décembre 2025, cette proposition de loi part du constat que les plans volontaires successifs (Grenelle, Ecophyto) ont échoué : les mesures obligatoires réduisent la pollution trois fois plus efficacement que les approches incitatives. Le texte propose d'agir de façon contraignante sur les aires d'alimentation des captages (AAC), c'est-à-dire les zones géographiques dont les eaux s'infiltrent pour alimenter les points de prélèvement d'eau potable. La proposition comprend deux articles. L'article 1 rend obligatoire la délimitation des AAC, impose des plans d'actions pluriannuels contraignants pour y préserver la qualité de l'eau, et interdit l'usage de pesticides de synthèse et d'engrais azotés minéraux dans les AAC associées aux captages les plus sensibles à compter du 1er janvier 2030. L'article 2 prévoit la compensation financière de ces mesures par une taxe additionnelle sur le tabac. Le texte a été adopté en commission du développement durable, enrichi par des amendements des groupes Socialistes et La France insoumise.
Rend obligatoire la délimitation des aires d'alimentation de captage (AAC), impose des programmes pluriannuels d'actions contraignants pour préserver la qualité de l'eau, et interdit l'usage de pesticides de synthèse et d'engrais azotés minéraux dans les AAC associées à des points de prélèvement sensibles à compter du 1er janvier 2030.
Compense les charges financières induites pour l'État et les collectivités territoriales par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.
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