Déposée par Stéphane Peu
En discussion depuis le 12 mai 2026
Question abordée
La France doit-elle adopter une position diplomatique et humanitaire ferme pour s'opposer au blocus économique imposé par les États-Unis à Cuba depuis 1962 ?
Présentation du texte
Cette proposition de résolution, déposée le 13 mai 2026 par seize députés du groupe Gauche Démocrate et Républicaine, demande à l'Assemblée nationale de condamner le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis depuis 1962 — le plus long de l'histoire contemporaine. Le texte s'inscrit dans un contexte d'aggravation humanitaire majeure : depuis début 2026, l'interruption des livraisons de pétrole vénézuélien et les menaces américaines de sanctions contre tout fournisseur d'hydrocarbures à Cuba ont provoqué une crise énergétique sans précédent, entraînant des coupures d'électricité prolongées, la fermeture de pensionnats, la dégradation des services hospitaliers et des pénuries alimentaires affectant les dix millions d'habitants de l'île. Le texte rappelle également les effets extraterritoriaux des lois américaines, notamment la loi Helms-Burton de 1996, qui expose les entreprises et ressortissants étrangers commerçant avec Cuba à des poursuites judiciaires aux États-Unis. Ces dispositions sont présentées comme une atteinte directe à la souveraineté économique de la France et de ses partenaires européens. La résolution souligne en outre que la France, puissance caribéenne par ses territoires d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy), a un intérêt stratégique direct à la stabilité de la région. Concrètement, la résolution invite le gouvernement à agir sur plusieurs fronts : renforcer l'aide humanitaire d'urgence, activer le règlement européen de blocage pour protéger les opérateurs économiques, engager une démarche diplomatique pour le retrait de Cuba de la liste américaine des États soutenant le terrorisme, relancer la commission mixte économique bilatérale et développer des accords de coopération dans les domaines de la santé, de l'agriculture, des énergies renouvelables et de l'éducation. En tant que résolution au titre de l'article 34-1 de la Constitution, ce texte n'a pas de valeur contraignante : il exprime une position politique de l'Assemblée nationale et formule des recommandations au gouvernement, sans l'obliger juridiquement à agir.
L'Assemblée nationale condamne le blocus américain contre Cuba, dénonce l'extraterritorialité de la loi Helms-Burton, et invite le gouvernement à agir diplomatiquement pour la levée du blocus, activer le règlement européen de blocage, intensifier l'aide humanitaire d'urgence, relancer la coopération bilatérale franco-cubaine et défendre les programmes de coopération médicale cubains contre les pressions américaines.
Un sujet qui me laisse un peu distante, honnêtement. Je comprends les arguments humanitaires, mais je m'interroge sur l'efficacité réelle de telles résolutions symboliques, les Cubains qui manquent de médicaments n'ont pas besoin de déclarations, ils ont besoin d'accès concret aux soins.