En discussion depuis le 3 juin 2024
Question abordée
Dans quelles conditions une personne mise en cause peut-elle encore contester une irrégularité de procédure après les stades habituels où ce droit est normalement éteint ?
Présentation du texte
En matière pénale, la loi prévoit un mécanisme dit de « purge des nullités » : passé certains seuils procéduraux (clôture de l'instruction ou expiration de délais légaux), les parties ne peuvent plus soulever des irrégularités qui auraient entaché la procédure. L'objectif est d'assurer la sécurité juridique et d'éviter que des moyens dilatoires soient soulevés tardivement pour retarder les jugements. Cette proposition de loi, désormais promulguée, aménage une exception à ce principe : si une partie n'a pas pu avoir connaissance d'une nullité avant les délais normalement impartis, elle conserve le droit de la soulever devant le tribunal correctionnel. Il s'agit de ne pas priver un justiciable d'un recours légitime pour la seule raison qu'il ignorait, sans faute de sa part, l'existence d'une irrégularité. Le Sénat a toutefois enrichi le texte d'un alinéa précisant qu'une partie ne peut invoquer ce bénéfice si son ignorance résulte de sa propre manœuvre ou de sa négligence. C'est sur ce point que les débats à l'Assemblée nationale se sont concentrés : les groupes LFI-NFP et Socialistes ont déposé des amendements pour supprimer ou encadrer cette formulation, estimant qu'elle pourrait créer un déséquilibre au détriment des personnes poursuivies.
Modifie le Code de procédure pénale pour créer une exception au mécanisme de purge des nullités en matière correctionnelle, permettant à une partie de soulever une nullité qu'elle n'a pas pu connaître avant la clôture de l'instruction ou l'expiration des délais légaux, sauf si cette ignorance résulte d'une manœuvre ou d'une négligence de sa part.
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