Déposée par Pierre Cazeneuve
En discussion depuis le 3 avril 2025
Question abordée
L'Assemblée nationale doit-elle condamner la dérive autoritaire du régime turc et appeler les institutions européennes à agir pour la défense de l'État de droit et des libertés démocratiques en Turquie ?
Présentation du texte
Le 19 mars 2025, l'arrestation d'Ekrem İmamoğlu, maire d'Istanbul élu avec 10 points d'avance sur le candidat du parti présidentiel AKP, a déclenché une crise politique majeure en Turquie. Poursuivi pour corruption, appartenance à une organisation criminelle et liens présumés avec le PKK, il risque en outre l'inéligibilité à la présidentielle de 2028 après l'invalidation de son diplôme universitaire. Plus de 1 400 manifestants, des journalistes et des responsables de l'opposition ont été arrêtés lors des semaines de protestations qui ont suivi, réunissant jusqu'à 2,2 millions de personnes à Istanbul le 29 mars. Cette proposition de résolution européenne, déposée par des députés de plusieurs groupes, s'inscrit dans le cadre de l'article 88-4 de la Constitution, qui permet à l'Assemblée nationale de se prononcer sur les enjeux européens. Elle rappelle les obligations internationales de la Turquie en tant qu'État membre du Conseil de l'Europe et pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne, et dénonce une instrumentalisation de la justice à des fins politiques ainsi qu'une répression systématique des libertés civiles. Le texte appelle le gouvernement français et les institutions européennes à se positionner publiquement, à envoyer des observateurs indépendants et à exercer une pression diplomatique sur Ankara. Il exprime aussi la solidarité de l'Assemblée avec les forces pro-démocratiques turques, les journalistes, les étudiants et les minorités kurdes. Dix des onze amendements déposés ont enrichi le texte initial : ils couvrent la situation des Kurdes en Syrie, le retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul sur les droits des femmes, les atteintes aux libertés académiques et le non-respect des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme.
L'Assemblée nationale déplore la dégradation des libertés en Turquie, condamne l'arrestation du maire d'Istanbul et d'autres opposants, journalistes et manifestants, et appelle les institutions françaises et européennes — ainsi que le Conseil de l'Europe — à prendre des mesures diplomatiques pour défendre l'État de droit, soutenir la population kurde et exiger le respect des engagements internationaux de la Turquie, notamment en matière de droits des femmes et de libertés académiques.
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