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Abrogation du deuxième alinéa de l'article 1242 et de l'article 1244 du code civil

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Proposition de loiEn commission

Abrogation du deuxième alinéa de l'article 1242 et de l'article 1244 du code civil

Institutions

Déposée par Jean-Luc Warsmann

En discussion depuis le 12 mai 2025

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Question abordée

Faut-il supprimer les règles spéciales de responsabilité qui protègent les propriétaires en cas d'incendie ou de ruine d'un bâtiment, pour simplifier le droit civil et mieux indemniser les victimes ?

Présentation du texte

En droit civil français, lorsqu'une chose cause un dommage à autrui, son gardien (celui qui en a le contrôle) est en principe responsable, sans que la victime ait à prouver une faute. C'est le principe général dit de « responsabilité du fait des choses », posé à l'article 1242 alinéa 1er du code civil. Mais deux exceptions historiques viennent limiter ce principe. D'une part, l'article 1242 alinéa 2 prévoit que, pour les dommages causés par un incendie, la victime doit prouver la faute du propriétaire ou occupant : la présomption de responsabilité ne s'applique donc pas. D'autre part, l'article 1244 prévoit que le propriétaire d'un bâtiment en ruine n'est responsable que si la victime démontre que cette ruine est due à un défaut d'entretien ou à un vice de construction, preuve souvent très difficile à apporter. Ces deux exceptions, jugées obsolètes et injustes, compliquent inutilement le droit et défavorisent les victimes. La Cour de cassation elle-même a signalé dès 2005 que ces règles génèrent un contentieux abondant et des solutions contradictoires. Cette proposition de loi, déposée par le député Jean-Luc Warsmann, vise donc à les abroger purement et simplement pour revenir au régime général, plus protecteur pour les victimes.

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Porteur du texte

Jean-Luc WarsmannLibertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires

Parcours de la loi

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Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 13 mai 2025
📄

Dépôt du texte

AN1ère lecture
le 13 mai 2025

Les arguments

Les victimes d'incendie ou de ruine d'immeuble n'auront plus à prouver une faute, ce qui facilite concrètement leur indemnisation.
La suppression de ces exceptions rétablit une cohérence juridique en alignant ces situations sur le droit commun de la responsabilité du fait des choses.
La Cour de cassation elle-même recommandait dès 2005 la suppression de ces deux dérogations, en soulignant leur caractère générateur de contentieux inutile.
La loi de 1922 sur l'incendie avait un caractère circonstanciel lié à un contexte historique dépassé : sa suppression modernise le droit.
Des juristes et professeurs de droit ont qualifié ces exceptions d'injustifiées et de sources de solutions alambiquées et contradictoires.
La simplification du droit bénéficie à l'ensemble des justiciables, notamment aux plus modestes qui ont du mal à réunir des preuves techniques complexes.
Moins de contentieux spécifiques signifie un allègement de la charge des tribunaux et une résolution plus rapide des litiges.
Le retour au droit commun réduit l'incertitude juridique pour les assureurs et leurs assurés, facilitant l'évaluation des risques.
La victime d'un dommage causé par la ruine d'un bâtiment n'aura plus à apporter une preuve qualifiée de « toujours délicate » par la Cour de cassation.
La réforme est simple et ciblée : elle ne crée aucune nouvelle règle complexe, elle supprime seulement des exceptions devenues inutiles.
Les propriétaires de bâtiments où éclate un incendie verront leur responsabilité automatiquement présumée, même sans aucune négligence de leur part.
Cette évolution pourrait entraîner une hausse des primes d'assurance habitation et multirisque immobilière, répercutée sur les propriétaires et locataires.
Des incendies peuvent avoir des causes totalement extérieures au gardien de l'immeuble (foudre, malveillance d'un tiers), rendant la présomption de responsabilité potentiellement injuste.
La suppression de l'article 1244 remet en cause un régime de responsabilité spécifique aux bâtiments qui a structuré la jurisprudence pendant plus d'un siècle.
Des petits propriétaires sans grande surface financière pourraient se retrouver exposés à des indemnisations lourdes pour des sinistres sur lesquels ils n'avaient aucune prise.
La proposition n'est accompagnée d'aucune étude d'impact chiffrant les conséquences sur le marché de l'assurance ou sur le volume de contentieux.
Certains cas de ruine de bâtiment peuvent résulter de phénomènes naturels imprévisibles (séismes, inondations), rendant l'imputation de responsabilité au propriétaire sans preuve de faute disproportionnée.
Le texte est un article unique sans disposition transitoire, ce qui pourrait créer un contentieux sur la loi applicable aux sinistres survenus avant son entrée en vigueur.
✓ POUR10
Les victimes d'incendie ou de ruine d'immeuble n'auront plus à prouver une faute, ce qui facilite concrètement leur indemnisation.
La suppression de ces exceptions rétablit une cohérence juridique en alignant ces situations sur le droit commun de la responsabilité du fait des choses.
La Cour de cassation elle-même recommandait dès 2005 la suppression de ces deux dérogations, en soulignant leur caractère générateur de contentieux inutile.
La loi de 1922 sur l'incendie avait un caractère circonstanciel lié à un contexte historique dépassé : sa suppression modernise le droit.
Des juristes et professeurs de droit ont qualifié ces exceptions d'injustifiées et de sources de solutions alambiquées et contradictoires.
La simplification du droit bénéficie à l'ensemble des justiciables, notamment aux plus modestes qui ont du mal à réunir des preuves techniques complexes.
Moins de contentieux spécifiques signifie un allègement de la charge des tribunaux et une résolution plus rapide des litiges.
Le retour au droit commun réduit l'incertitude juridique pour les assureurs et leurs assurés, facilitant l'évaluation des risques.
La victime d'un dommage causé par la ruine d'un bâtiment n'aura plus à apporter une preuve qualifiée de « toujours délicate » par la Cour de cassation.
La réforme est simple et ciblée : elle ne crée aucune nouvelle règle complexe, elle supprime seulement des exceptions devenues inutiles.
✕ CONTRE8
Les propriétaires de bâtiments où éclate un incendie verront leur responsabilité automatiquement présumée, même sans aucune négligence de leur part.
Cette évolution pourrait entraîner une hausse des primes d'assurance habitation et multirisque immobilière, répercutée sur les propriétaires et locataires.
Des incendies peuvent avoir des causes totalement extérieures au gardien de l'immeuble (foudre, malveillance d'un tiers), rendant la présomption de responsabilité potentiellement injuste.
La suppression de l'article 1244 remet en cause un régime de responsabilité spécifique aux bâtiments qui a structuré la jurisprudence pendant plus d'un siècle.
Des petits propriétaires sans grande surface financière pourraient se retrouver exposés à des indemnisations lourdes pour des sinistres sur lesquels ils n'avaient aucune prise.
La proposition n'est accompagnée d'aucune étude d'impact chiffrant les conséquences sur le marché de l'assurance ou sur le volume de contentieux.
Certains cas de ruine de bâtiment peuvent résulter de phénomènes naturels imprévisibles (séismes, inondations), rendant l'imputation de responsabilité au propriétaire sans preuve de faute disproportionnée.
Le texte est un article unique sans disposition transitoire, ce qui pourrait créer un contentieux sur la loi applicable aux sinistres survenus avant son entrée en vigueur.

Résumé des articles· 1 article

Art. unique

Supprime le deuxième alinéa de l'article 1242 du code civil (exception de responsabilité en cas d'incendie) et abroge l'article 1244 du code civil (responsabilité spéciale du propriétaire pour la ruine d'un bâtiment).

Art. unique

Supprime le deuxième alinéa de l'article 1242 du code civil (exception de responsabilité en cas d'incendie) et abroge l'article 1244 du code civil (responsabilité spéciale du propriétaire pour la ruine d'un bâtiment).

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