Déposée par Agnès Firmin Le Bodo
En discussion depuis le 3 juin 2025
Question abordée
Faut-il créer un cadre juridique et des incitations fiscales pour développer le transport maritime à propulsion vélique (par le vent) en France, afin de contribuer à la décarbonation du secteur maritime mondial ?
Présentation du texte
Le transport maritime est responsable d'environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit près d'un milliard de tonnes de CO₂ par an. L'Organisation maritime internationale (OMI) a fixé un objectif de neutralité carbone pour ce secteur en 2050. Dans ce contexte, la propulsion vélique — c'est-à-dire l'utilisation directe de l'énergie du vent pour propulser les navires — représente une alternative déjà disponible, portée par une filière industrielle française en plein essor. Cette proposition de loi vise à donner un cadre légal à un secteur encore mal défini juridiquement, tout en créant des incitations financières pour encourager son adoption. Elle distingue deux approches complémentaires : l'équipement de grands navires de commerce existants avec des dispositifs véliques auxiliaires (voiles, ailes, rotors, kites) pour réduire leur consommation de carburant, et le développement de voiliers-cargos conçus principalement à la voile pour une logistique maritime plus sobre et ancrée localement. La France dispose déjà d'une base industrielle dans ce domaine : 14 équipementiers développant des systèmes véliques innovants, 16 compagnies maritimes spécialisées, et plus de 1 100 emplois créés en trois ans. La filière vise 4 000 emplois d'ici 2030 et 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Le texte cherche à sécuriser cette dynamique encore fragile face à un marché mondial immature et un cadre juridique inadapté. Le texte comporte huit articles : une définition légale des navires à propulsion vélique, une exonération temporaire de charges sociales, un élargissement du suramortissement vert, l'intégration dans le dispositif des certificats d'économies d'énergie, la création d'un fonds de décarbonation maritime alimenté par les recettes du marché carbone européen, des dispositions fiscales spécifiques pour le rhum antillais transporté à la voile, et une clause de compensation budgétaire.
Définit juridiquement dans le code des transports le navire à propulsion vélique (captation de l'énergie du vent) et le navire à propulsion principale vélique (au moins 50 % de propulsion par le vent).
Réinstaure temporairement (37 mois) l'exonération de charges sociales patronales pour les navires à propulsion principale vélique.
Voir les positionsÉlargit le dispositif de suramortissement vert aux équipements véliques, avec un taux de base de 100 % des coûts supplémentaires, majoré selon le type de propulsion et la taille de l'entreprise.
Voir les positionsIntègre les navires à propulsion vélique dans le champ des certificats d'économies d'énergie pour les liaisons entre ports français ou entre un port français et un port étranger.
Voir les positionsCrée un fonds pour la décarbonation du transport maritime, chargé de soutenir l'ensemble de la filière et alimenté notamment par les recettes du marché carbone européen (ETS).
Voir les positionsVous
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