En discussion depuis le 3 juin 2025
Question abordée
Les salariés et agents publics doivent-ils pouvoir obtenir plus facilement une partie de leur salaire déjà gagné avant la fin du mois, sans avoir à se justifier auprès de leur employeur ?
Présentation du texte
Cette proposition de loi, déposée le 4 juin 2025 par Jean Laussucq et une dizaine de co-signataires, part d'un constat simple : beaucoup de Français peinent à boucler leur fin de mois et recourent à des solutions coûteuses — découverts bancaires, crédits à la consommation — pour faire face à des dépenses imprévues. Les frais bancaires liés aux incidents de paiement représentent près de 7 milliards d'euros par an en France. Le droit à l'acompte sur salaire existe déjà dans le Code du travail, mais il est mal connu (moins d'un salarié sur deux en a entendu parler), peu encadré et souvent refusé sans raison valable. En outre, le mécanisme actuel ne permet que le versement de la moitié du salaire à la moitié du mois, ce qui pousse les salariés à y recourir systématiquement chaque mois une fois qu'ils l'ont fait une première fois. Le texte propose de réformer ce dispositif en le rendant plus souple et plus protecteur : le salarié pourrait demander jusqu'à cinq acomptes par mois, sans avoir à se justifier, dans la limite de la moitié de son salaire mensuel. Un décret viendrait préciser les rares motifs légitimes de refus ainsi que les modalités pratiques. Ce droit est étendu aux agents publics, titulaires comme contractuels, dans des termes identiques. Le texte se veut sans coût supplémentaire pour les employeurs ni pour l'État, puisque l'acompte ne porte que sur un salaire déjà acquis — et non sur une avance de rémunération future. Les auteurs soulignent que les outils numériques permettent aujourd'hui d'automatiser entièrement ces opérations, réduisant la charge administrative.
Modifie l'article L. 3242-1 du Code du travail pour permettre aux salariés du secteur privé d'obtenir jusqu'à cinq acomptes par mois, sans justification, dans la limite de la moitié du salaire mensuel, les modalités étant renvoyées à un décret.
Insère un nouvel article L. 712-2-1 dans le Code de la fonction publique accordant aux agents publics (titulaires et contractuels) les mêmes droits à l'acompte, dans des conditions identiques à celles du secteur privé.
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