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Protéger la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs

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Jeu. 4 juin
50%
Pour
Proposition de loiEn commission

Protéger la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs

Social

Déposée par Arnaud Simion

En discussion depuis le 27 octobre 2025

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Résultats du voteVue d'ensembleDiscussion

Vote AN

✓ Adopté

76 pour · 0 contre

Résultats →

Question abordée

Comment l'État peut-il mieux protéger la santé mentale des agriculteurs, alors que plus de 300 d'entre eux mettent fin à leurs jours chaque année faute d'un accompagnement coordonné ?

Présentation du texte

La France fait face à une crise silencieuse dans son monde agricole : chaque année, plus de 300 agriculteurs et agricultrices se suicident, soit près d'un décès par jour. Ces drames surviennent dans un contexte d'isolement, de difficultés économiques et administratives, et d'absence de dispositifs coordonnés de soutien psychologique. Malgré des rapports parlementaires et des travaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) documentant ce phénomène depuis des années, aucune politique publique structurée n'a été mise en place à l'échelle nationale. La proposition de loi déposée en octobre 2025, portée par le groupe Socialistes et apparentés avec le soutien de nombreux députés de différents bords, vise à combler ce vide. Elle repose sur un constat simple : les dispositifs existants (MSA, chambres d'agriculture, associations, lignes d'écoute) agissent de façon isolée, sans coordination nationale ni porte d'entrée unique, créant de fortes inégalités entre territoires. Le texte articule trois leviers complémentaires : la généralisation d'un réseau de « sentinelles agricoles » pour détecter précocement les signaux de détresse, la création d'un guichet unique départemental pour orienter et coordonner la prise en charge, et l'institution d'une mission nationale chargée de définir la stratégie et d'assurer l'égalité territoriale. Ces trois dispositifs forment une chaîne d'action cohérente allant du terrain jusqu'au niveau national.

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Porteur du texte

Arnaud SimionSocialistes et apparentés

Parcours de la loi

🔍

Examen en commission

SN1ère lecture
Saisie le 4 juin 2026
📄

Dépôt du texte

SN1ère lecture
le 4 juin 2026
🏛️

Séance plénière

0
Séances1
Le texte
Amendements96
Statistiques

Les arguments

Répond à une urgence documentée — plus de 300 suicides par an dans le monde agricole — sans qu'aucune politique nationale structurée n'ait jamais été mise en place.
S'appuie sur un réseau de sentinelles déjà éprouvé (plus de 8 000 personnes formées) pour le pérenniser et le généraliser à tous les départements.
Crée une porte d'entrée unique (guichet unique départemental) qui simplifie le recours à l'aide pour des personnes souvent découragées par la multiplicité des interlocuteurs.
Prévoit une composante mobile du guichet unique pour aller directement au contact des exploitations, adaptée aux réalités de l'isolement rural.
Institue une mission nationale garantissant l'égalité de traitement entre tous les territoires, quelle que soit la solidité du réseau local préexistant.
La formation certifiée des sentinelles, prise en charge par l'État, inclut désormais les premiers secours en santé mentale (amendement adopté), renforçant la qualité de l'intervention.
Facilite l'auto-déclaration des agriculteurs en difficulté, respectant leur autonomie tout en améliorant le repérage précoce (amendement adopté).
Intègre les spécificités des populations les plus vulnérables, notamment les femmes agricultrices et les agriculteurs d'outre-mer, via des amendements adoptés.
Prévoit un crédit d'impôt renforcé pour le remplacement sur l'exploitation, permettant aux agriculteurs en détresse de souffler sans mettre en péril leur activité (amendement adopté).
Ouvre la possibilité de financer des emplois d'aide à la gestion administrative et comptable des petites exploitations pour réduire la surcharge quotidienne (amendement adopté).
Impose un rapport annuel au Parlement, assurant un contrôle démocratique et une évaluation régulière de l'efficacité des dispositifs mis en place.
Reconnaît légalement le rôle des acteurs de proximité (vétérinaires, experts-comptables, élus locaux, coopératives) comme premiers maillons de la prévention.
Intègre un volet spécifique pour les départements et régions d'outre-mer tenant compte du changement climatique, de l'insularité et de la cherté de la vie (amendement adopté).
Dote la mission nationale d'un conseil d'administration pluraliste intégrant État, MSA, chambres d'agriculture, collectivités et associations du monde agricole.
Le financement repose sur une taxe additionnelle sur le tabac, mécanisme habituel mais qui ne garantit pas des ressources pérennes et suffisantes pour un dispositif aussi ambitieux.
La création d'une nouvelle mission nationale risque d'alourdir le paysage institutionnel sans résoudre durablement la fragmentation des acteurs existants.
L'absence de délai légal de prise en charge (une proposition de 72 heures a été rejetée) laisse ouverte la question de l'effectivité des réponses en situation d'urgence vitale.
La transmission de données sensibles au niveau national soulève des risques réels liés au RGPD, insuffisamment encadrés dans le texte adopté en commission.
Des risques de conflits d'intérêts entre sentinelles et agriculteurs (liens financiers via coopératives ou établissements de crédit) ont été soulevés sans être pleinement résolus.
Le texte ne s'attaque pas aux causes profondes de la détresse agricole (difficultés économiques, endettement, surcharge normative), se limitant à l'accompagnement psychologique.
Les salariés agricoles, conjoints collaborateurs et aidants familiaux ne sont pas inclus dans le périmètre principal du dispositif, laissant ces populations vulnérables sans protection spécifique.
La liste des acteurs sentinelles est fixée par arrêté ministériel sans consultation professionnelle obligatoire, ce qui peut fragiliser la légitimité du dispositif sur le terrain.
L'absence de clause de confidentialité inscrite dans la loi pour les sentinelles (amendements rejetés) peut freiner la confiance des agriculteurs envers le réseau.
La représentation syndicale pluraliste au sein de la mission nationale n'a pas été garantie, risquant de marginaliser certains courants du monde agricole.
La mise en œuvre effective dépend fortement de l'engagement des préfets de département, sans mécanisme contraignant assurant une homogénéité territoriale réelle.
L'impact des contrôles administratifs et environnementaux sur le mal-être agricole, pourtant documenté, n'est pas traité par le texte malgré plusieurs amendements en ce sens.
✓ POUR14
Répond à une urgence documentée — plus de 300 suicides par an dans le monde agricole — sans qu'aucune politique nationale structurée n'ait jamais été mise en place.
S'appuie sur un réseau de sentinelles déjà éprouvé (plus de 8 000 personnes formées) pour le pérenniser et le généraliser à tous les départements.
Crée une porte d'entrée unique (guichet unique départemental) qui simplifie le recours à l'aide pour des personnes souvent découragées par la multiplicité des interlocuteurs.
Prévoit une composante mobile du guichet unique pour aller directement au contact des exploitations, adaptée aux réalités de l'isolement rural.
Institue une mission nationale garantissant l'égalité de traitement entre tous les territoires, quelle que soit la solidité du réseau local préexistant.
La formation certifiée des sentinelles, prise en charge par l'État, inclut désormais les premiers secours en santé mentale (amendement adopté), renforçant la qualité de l'intervention.
Facilite l'auto-déclaration des agriculteurs en difficulté, respectant leur autonomie tout en améliorant le repérage précoce (amendement adopté).
Intègre les spécificités des populations les plus vulnérables, notamment les femmes agricultrices et les agriculteurs d'outre-mer, via des amendements adoptés.
Prévoit un crédit d'impôt renforcé pour le remplacement sur l'exploitation, permettant aux agriculteurs en détresse de souffler sans mettre en péril leur activité (amendement adopté).
Ouvre la possibilité de financer des emplois d'aide à la gestion administrative et comptable des petites exploitations pour réduire la surcharge quotidienne (amendement adopté).
Impose un rapport annuel au Parlement, assurant un contrôle démocratique et une évaluation régulière de l'efficacité des dispositifs mis en place.
Reconnaît légalement le rôle des acteurs de proximité (vétérinaires, experts-comptables, élus locaux, coopératives) comme premiers maillons de la prévention.
Intègre un volet spécifique pour les départements et régions d'outre-mer tenant compte du changement climatique, de l'insularité et de la cherté de la vie (amendement adopté).
Dote la mission nationale d'un conseil d'administration pluraliste intégrant État, MSA, chambres d'agriculture, collectivités et associations du monde agricole.
✕ CONTRE12
Le financement repose sur une taxe additionnelle sur le tabac, mécanisme habituel mais qui ne garantit pas des ressources pérennes et suffisantes pour un dispositif aussi ambitieux.
La création d'une nouvelle mission nationale risque d'alourdir le paysage institutionnel sans résoudre durablement la fragmentation des acteurs existants.
L'absence de délai légal de prise en charge (une proposition de 72 heures a été rejetée) laisse ouverte la question de l'effectivité des réponses en situation d'urgence vitale.
La transmission de données sensibles au niveau national soulève des risques réels liés au RGPD, insuffisamment encadrés dans le texte adopté en commission.
Des risques de conflits d'intérêts entre sentinelles et agriculteurs (liens financiers via coopératives ou établissements de crédit) ont été soulevés sans être pleinement résolus.
Le texte ne s'attaque pas aux causes profondes de la détresse agricole (difficultés économiques, endettement, surcharge normative), se limitant à l'accompagnement psychologique.
Les salariés agricoles, conjoints collaborateurs et aidants familiaux ne sont pas inclus dans le périmètre principal du dispositif, laissant ces populations vulnérables sans protection spécifique.
La liste des acteurs sentinelles est fixée par arrêté ministériel sans consultation professionnelle obligatoire, ce qui peut fragiliser la légitimité du dispositif sur le terrain.
L'absence de clause de confidentialité inscrite dans la loi pour les sentinelles (amendements rejetés) peut freiner la confiance des agriculteurs envers le réseau.
La représentation syndicale pluraliste au sein de la mission nationale n'a pas été garantie, risquant de marginaliser certains courants du monde agricole.
La mise en œuvre effective dépend fortement de l'engagement des préfets de département, sans mécanisme contraignant assurant une homogénéité territoriale réelle.
L'impact des contrôles administratifs et environnementaux sur le mal-être agricole, pourtant documenté, n'est pas traité par le texte malgré plusieurs amendements en ce sens.

Résumé des articles· 4 articles

Art. 1

Crée un dispositif national de sentinelles agricoles — acteurs formés et labellisés par l'État — chargés de détecter les signaux de souffrance psychique et d'orienter les agriculteurs vers le guichet unique départemental.

Art. 2

Institue dans chaque département un guichet unique de santé mentale agricole, placé sous l'autorité du préfet et doté d'une composante mobile, chargé d'orienter, de coordonner la prise en charge et de remonter les données territoriales à la mission nationale.

Voir les positions
Art. 3

Crée une mission nationale pour la santé mentale agricole, sous double tutelle des ministres de la santé et de l'agriculture, chargée de définir la stratégie nationale, d'évaluer les actions et de transmettre un rapport annuel au Parlement.

Voir les positions
Art. 4

Prévoit la compensation financière des charges induites pour l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale, via une majoration de la taxe sur le tabac.

Art. 1

Crée un dispositif national de sentinelles agricoles — acteurs formés et labellisés par l'État — chargés de détecter les signaux de souffrance psychique et d'orienter les agriculteurs vers le guichet unique départemental.

Art. 2

Institue dans chaque département un guichet unique de santé mentale agricole, placé sous l'autorité du préfet et doté d'une composante mobile, chargé d'orienter, de coordonner la prise en charge et de remonter les données territoriales à la mission nationale.

Voir les positions
Art. 3

Crée une mission nationale pour la santé mentale agricole, sous double tutelle des ministres de la santé et de l'agriculture, chargée de définir la stratégie nationale, d'évaluer les actions et de transmettre un rapport annuel au Parlement.

Voir les positions
Art. 4

Prévoit la compensation financière des charges induites pour l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale, via une majoration de la taxe sur le tabac.

AN
1ère lecture
adopté
le 4 juin 2026
🔍

Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 28 oct. 2025· Rapport le 3 déc. 2025
📄

Dépôt du texte

AN1ère lecture
le 28 oct. 2025

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