Déposée par Mereana Reid Arbelot
En discussion depuis le 1 décembre 2025
Question abordée
Comment améliorer la reconnaissance et l'indemnisation des victimes exposées aux essais nucléaires français, réalisés en Polynésie française et en Algérie, en renforçant leurs droits face au comité d'indemnisation et en améliorant l'accès aux archives ?
Présentation du texte
La France a conduit des essais nucléaires dans le Sahara algérien (1960-1966) puis en Polynésie française (1966-1996), exposant des milliers de militaires, civils et populations locales à des rayonnements ionisants. La loi Morin de 2010 a créé un premier cadre d'indemnisation via le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), mais les associations de victimes dénoncent depuis des années un taux de rejet trop élevé et des procédures peu transparentes. Cette proposition de loi, examinée en commission de la défense à l'Assemblée nationale, vise à réformer en profondeur ce dispositif : élargissement du cercle des bénéficiaires, renforcement du contradictoire dans la procédure d'examen, prise en charge par l'État des soins liés aux pathologies radio-induites et meilleur accès aux archives militaires et scientifiques relatives aux essais. Le texte s'articule autour de sept articles principaux. Il crée également de nouvelles instances de suivi et d'évaluation, dont une commission mixte parlementaire chargée d'évaluer les dépenses de santé liées aux pathologies radio-induites, et renforce les missions de la commission de suivi des conséquences des essais nucléaires (CSCEN). Des dispositions relatives aux archives et à la situation spécifique des essais en Algérie complètent le dispositif, bien que plusieurs amendements sur ce dernier point aient été rejetés en commission.
Réforme le cadre de reconnaissance des victimes, intègre le lien coutumier fa'a'amu parmi les ayants droit polynésiens, crée une commission d'évaluation des dépenses de santé liées aux pathologies radio-induites incluant des parlementaires, et organise la prise en charge de ces dépenses par l'État.
Précise les critères d'éligibilité des victimes en supprimant le terme "travaillé" au profit des seules notions de résidence et de séjour dans les zones concernées.
Voir les positionsRéforme la composition et élargit les compétences de la Commission de suivi des conséquences des essais nucléaires (CSCEN), notamment à l'analyse des pathologies radio-induites, et intègre un représentant du Conseil économique polynésien.
Voir les positionsRéforme la procédure devant le CIVEN en renforçant le contradictoire, en portant à douze mois le délai d'instruction des nouvelles demandes et à six mois celui du réexamen des dossiers rejetés.
Voir les positionsProcède à des coordinations et suppressions de dispositions devenues inutiles dans la loi Morin à la suite des modifications introduites par les autres articles.
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