En discussion depuis le 1 décembre 2025
Question abordée
Le mariage crée-t-il encore en droit français une obligation sexuelle implicite entre époux, et comment le droit civil peut-il garantir que le consentement reste la condition première de tout acte sexuel au sein du couple ?
Présentation du texte
Le 23 janvier 2025, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la France pour avoir prononcé un divorce aux torts exclusifs d'une femme au seul motif qu'elle refusait d'avoir des relations sexuelles avec son mari. La Cour a jugé qu'une telle obligation matrimoniale viole la liberté sexuelle et l'intégrité corporelle protégées par la Convention européenne. Cette condamnation a mis en lumière un flou juridique persistant dans le code civil, notamment autour de l'article 242 relatif au divorce pour faute, qui permettait aux juges d'interpréter le refus sexuel comme un manquement aux devoirs du mariage. Cette proposition de loi, déposée le 2 décembre 2025 par des députés de nombreux groupes politiques, vise à supprimer toute ambiguïté légale pouvant être interprétée comme une obligation sexuelle dans le cadre du mariage. Elle s'inscrit dans la continuité de la loi du 6 novembre 2025 réformant la définition pénale du viol, qui place désormais le consentement au cœur des infractions sexuelles, et d'une résolution adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en avril 2025 affirmant que le consentement ne peut jamais être présumé. Le texte comporte deux articles. Le premier introduit explicitement le respect du consentement mutuel parmi les droits et devoirs des époux inscrits au code civil, avec une portée éducative lors des cérémonies de mariage civil. Le second interdit expressément de fonder un divorce pour faute sur le refus ou l'absence de relations sexuelles entre conjoints. Ensemble, ils visent à aligner le droit civil sur les principes déjà reconnus par le droit pénal. En commission, de nombreux amendements ont été déposés : certains souhaitaient supprimer l'obligation légale de fidélité, d'autres voulaient étendre l'interdiction aux dommages et intérêts de l'article 266, d'autres encore estimaient que l'une des deux dispositions devenait superflue. L'amendement n°10, adopté par la commission, a modifié la rédaction de l'article 1er pour lever les ambiguïtés juridiques du texte initial.
Complète l'article 212 du code civil pour inscrire explicitement le respect du consentement mutuel parmi les droits et devoirs des époux.
Complète l'article 242 du code civil pour interdire de fonder un divorce pour faute sur l'absence ou le refus de relations sexuelles entre époux.
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