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Empêcher la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias

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Jeu. 12 févr.
Proposition de loiEn commission

Empêcher la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias

Économie

Déposée par Sophie Taillé-Polian

En discussion depuis le 8 décembre 2025

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Vue d'ensembleDiscussion0Séances2

Question abordée

Faut-il remplacer les règles anti-concentration des médias héritées de 1986 par un seuil unique mesurant l'« influence » globale d'un propriétaire sur l'ensemble des supports d'information ?

Présentation du texte

Depuis la loi du 30 septembre 1986 sur la liberté de communication, la France encadre la concentration des médias à travers des seuils définis support par support (presse, radio, télévision). Ces règles ont été conçues avant l'essor d'Internet et ne couvrent ni les audiences en ligne, ni les plateformes de vidéo, ni les réseaux sociaux. Or, la crise économique des médias, conjuguée à la migration des usages vers le numérique, a fragilisé les éditeurs traditionnels et rendu leurs titres plus vulnérables à des prises de contrôle motivées, selon les auteurs du texte, par des objectifs d'influence plutôt que de rentabilité. Cette proposition de loi, déposée en décembre 2025 par des députés du groupe Écologiste et Social et cosignée par plusieurs groupes de gauche, vise à moderniser ce cadre réglementaire. Elle s'appuie sur les recommandations des États généraux de l'information et sur le modèle allemand, qui évalue le pouvoir d'un média à travers trois critères : son pouvoir suggestif (combinaison texte-image-son), sa pénétration (facilité d'accès) et son degré d'actualité. Concrètement, le texte supprime les plafonds sectoriels existants et les remplace par un seuil unique de « part d'influence cumulée », calculé pour tout propriétaire sur l'ensemble de ses médias, quel que soit le support. Les opérations de concentration doivent être notifiées conjointement à l'Autorité de la concurrence et à l'ARCOM, qui rend un avis motivé et public avant toute décision. Une nouvelle définition commune du « média d'information » est introduite pour couvrir presse écrite, audiovisuel et services numériques. Le texte a été examiné en commission des affaires culturelles et de l'éducation, où plusieurs amendements du groupe Écologiste et Social ont été adoptés pour affiner la rédaction sur recommandation du Conseil d'État, tandis que les amendements de suppression ou d'assouplissement portés par la Droite Républicaine et le Rassemblement National ont été rejetés.

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Porteur du texte

Sophie Taillé-PolianÉcologiste et Social

Parcours de la loi

🏛️

Séance plénière

AN1ère lecture
le 12 févr. 2026
🔍

Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 9 déc. 2025· Rapport le 4 févr. 2026
📄

Dépôt du texte

Le texte
Amendements113
Statistiques

Les arguments

Modernise un cadre légal vieux de près de 40 ans, conçu avant Internet, qui ignorait les audiences numériques, les plateformes et les réseaux sociaux.
Introduit un seuil transversal unique couvrant tous les supports (presse, radio, TV, numérique, plateformes), empêchant les stratégies de contournement par support.
S'inspire du modèle allemand éprouvé et validé par la Cour constitutionnelle fédérale, qui mesure l'influence réelle d'un média sur l'opinion publique.
Protège le pluralisme de l'information en limitant la capacité d'un seul propriétaire à contrôler une part excessive du débat public.
Renforce la coopération entre l'ARCOM et l'Autorité de la concurrence, assurant une double expertise sectorielle et concurrentielle lors de chaque concentration.
Prend en compte les synergies éditoriales et commerciales entre entités d'un même groupe, réduisant les risques de contournement via des montages complexes.
Intègre les plateformes de partage de vidéos et les réseaux sociaux dans le périmètre de régulation, reflétant leur rôle croissant dans la diffusion de l'information.
Impose la transparence sur les pactes d'actionnaires, les liens avec les directions et les droits d'approbation, rendant visible le contrôle effectif même indirect.
Exige un avis motivé et public de l'ARCOM, renforçant la transparence et la responsabilité démocratique des décisions de régulation.
Prend en compte le comportement passé des acquéreurs au regard du respect des obligations légales et de la déontologie journalistique.
Oblige les parties à une concentration à prendre des engagements formels en faveur de l'indépendance éditoriale et du pluralisme de l'information.
Répond aux recommandations des États généraux de l'information, issus d'un processus de consultation associant professionnels et experts du secteur.
Dote l'ARCOM de pouvoirs d'enquête au sein des entreprises de presse pour effectuer ses contrôles de manière effective.
Prévoit une entrée en vigueur différée permettant aux autorités de régulation de se préparer à la mise en œuvre des nouveaux contrôles.
Crée une définition unifiée du « média d'information » applicable à la presse écrite comme à l'audiovisuel, mettant fin à l'hétérogénéité juridique des statuts.
La notion de « part d'influence cumulée » est insuffisamment définie au niveau législatif, laissant une marge d'appréciation importante aux autorités et créant une insécurité juridique pour les opérateurs.
L'attribution de coefficients d'influence par support repose sur des paramètres administratifs indéterminés, ouvrant la voie à une régulation potentiellement arbitraire.
La prise en compte du contenu éditorial comme critère d'analyse économique risque de conduire les régulateurs à se prononcer sur des lignes éditoriales, menaçant la liberté de la presse.
La superposition des contrôles de l'Autorité de la concurrence et de l'ARCOM crée un risque de chevauchement des procédures et d'allongement significatif des délais d'instruction.
La suppression des articles 41-1 à 41-3 sans bilan préalable de leur efficacité fragilise la sécurité juridique et prive le secteur d'un cadre de référence établi.
Un durcissement des règles anti-concentration pourrait décourager les investissements privés dans des médias déjà fragilisés économiquement par la concurrence numérique.
Le texte pénalise par principe les stratégies de diversification des groupes de médias, pourtant nécessaires à leur solidité économique dans un environnement fortement concurrentiel.
La définition extensive du « média d'information » peut englober des opérateurs très divers, notamment numériques ou transfrontaliers, sans distinction suffisante selon leur poids réel sur le marché.
L'assouplissement des règles existantes permettrait plutôt aux acteurs nationaux de réaliser des économies d'échelle face à la captation publicitaire par les plateformes numériques américaines.
L'absence d'évaluation préalable des effets économiques, concurrentiels et juridiques du dispositif est susceptible de produire des conséquences imprévues sur des acteurs déjà fragilisés.
Le renvoi des modalités d'application à un décret en Conseil d'État réduit la lisibilité du droit et retarde la mise en œuvre effective du dispositif.
La complexification du cadre réglementaire risque d'allonger les délais de réponse et de nuire à la réactivité des acteurs face aux évolutions rapides du marché.
L'intégration des agents d'IA conversationnelle dans la mesure d'influence soulève des questions méthodologiques non résolues sur les critères appropriés pour ce type de support émergent.
✓ POUR15
Modernise un cadre légal vieux de près de 40 ans, conçu avant Internet, qui ignorait les audiences numériques, les plateformes et les réseaux sociaux.
Introduit un seuil transversal unique couvrant tous les supports (presse, radio, TV, numérique, plateformes), empêchant les stratégies de contournement par support.
S'inspire du modèle allemand éprouvé et validé par la Cour constitutionnelle fédérale, qui mesure l'influence réelle d'un média sur l'opinion publique.
Protège le pluralisme de l'information en limitant la capacité d'un seul propriétaire à contrôler une part excessive du débat public.
Renforce la coopération entre l'ARCOM et l'Autorité de la concurrence, assurant une double expertise sectorielle et concurrentielle lors de chaque concentration.
Prend en compte les synergies éditoriales et commerciales entre entités d'un même groupe, réduisant les risques de contournement via des montages complexes.
Intègre les plateformes de partage de vidéos et les réseaux sociaux dans le périmètre de régulation, reflétant leur rôle croissant dans la diffusion de l'information.
Impose la transparence sur les pactes d'actionnaires, les liens avec les directions et les droits d'approbation, rendant visible le contrôle effectif même indirect.
Exige un avis motivé et public de l'ARCOM, renforçant la transparence et la responsabilité démocratique des décisions de régulation.
Prend en compte le comportement passé des acquéreurs au regard du respect des obligations légales et de la déontologie journalistique.
Oblige les parties à une concentration à prendre des engagements formels en faveur de l'indépendance éditoriale et du pluralisme de l'information.
Répond aux recommandations des États généraux de l'information, issus d'un processus de consultation associant professionnels et experts du secteur.
Dote l'ARCOM de pouvoirs d'enquête au sein des entreprises de presse pour effectuer ses contrôles de manière effective.
Prévoit une entrée en vigueur différée permettant aux autorités de régulation de se préparer à la mise en œuvre des nouveaux contrôles.
Crée une définition unifiée du « média d'information » applicable à la presse écrite comme à l'audiovisuel, mettant fin à l'hétérogénéité juridique des statuts.
✕ CONTRE13
La notion de « part d'influence cumulée » est insuffisamment définie au niveau législatif, laissant une marge d'appréciation importante aux autorités et créant une insécurité juridique pour les opérateurs.
L'attribution de coefficients d'influence par support repose sur des paramètres administratifs indéterminés, ouvrant la voie à une régulation potentiellement arbitraire.
La prise en compte du contenu éditorial comme critère d'analyse économique risque de conduire les régulateurs à se prononcer sur des lignes éditoriales, menaçant la liberté de la presse.
La superposition des contrôles de l'Autorité de la concurrence et de l'ARCOM crée un risque de chevauchement des procédures et d'allongement significatif des délais d'instruction.
La suppression des articles 41-1 à 41-3 sans bilan préalable de leur efficacité fragilise la sécurité juridique et prive le secteur d'un cadre de référence établi.
Un durcissement des règles anti-concentration pourrait décourager les investissements privés dans des médias déjà fragilisés économiquement par la concurrence numérique.
Le texte pénalise par principe les stratégies de diversification des groupes de médias, pourtant nécessaires à leur solidité économique dans un environnement fortement concurrentiel.
La définition extensive du « média d'information » peut englober des opérateurs très divers, notamment numériques ou transfrontaliers, sans distinction suffisante selon leur poids réel sur le marché.
L'assouplissement des règles existantes permettrait plutôt aux acteurs nationaux de réaliser des économies d'échelle face à la captation publicitaire par les plateformes numériques américaines.
L'absence d'évaluation préalable des effets économiques, concurrentiels et juridiques du dispositif est susceptible de produire des conséquences imprévues sur des acteurs déjà fragilisés.
Le renvoi des modalités d'application à un décret en Conseil d'État réduit la lisibilité du droit et retarde la mise en œuvre effective du dispositif.
La complexification du cadre réglementaire risque d'allonger les délais de réponse et de nuire à la réactivité des acteurs face aux évolutions rapides du marché.
L'intégration des agents d'IA conversationnelle dans la mesure d'influence soulève des questions méthodologiques non résolues sur les critères appropriés pour ce type de support émergent.

Résumé des articles· 2 articles

Art. 1

Modifie la loi du 30 septembre 1986 pour substituer aux plafonds anti-concentration sectoriels un seuil unique de « part d'influence cumulée » multi-supports, instaure une procédure de notification conjointe à l'Autorité de la concurrence et à l'ARCOM pour toute concentration dans les médias d'information, et introduit une définition commune du « média d'information » couvrant presse écrite, audiovisuel et services numériques.

Art. 2

Compense la charge financière pour l'État résultant de la loi par la création d'une taxe additionnelle sur les produits du tabac.

Art. 1

Modifie la loi du 30 septembre 1986 pour substituer aux plafonds anti-concentration sectoriels un seuil unique de « part d'influence cumulée » multi-supports, instaure une procédure de notification conjointe à l'Autorité de la concurrence et à l'ARCOM pour toute concentration dans les médias d'information, et introduit une définition commune du « média d'information » couvrant presse écrite, audiovisuel et services numériques.

Art. 2

Compense la charge financière pour l'État résultant de la loi par la création d'une taxe additionnelle sur les produits du tabac.

AN1ère lecture
le 9 déc. 2025

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