Déposée par Sandrine Nosbé
En discussion depuis le 11 mai 2026
Question abordée
Faut-il réduire de trente à dix ans le délai permettant aux communes de s'approprier un bien immobilier abandonné sans héritier identifié, afin de mobiliser des logements vacants au profit de l'intérêt général ?
Présentation du texte
La France compte environ trois millions de logements vacants, tandis qu'un million de personnes n'ont pas de domicile personnel et que près de trois millions de ménages attendent un logement social. Parmi ces logements vacants, certains restent bloqués dans des successions non réglées depuis des décennies, formant des « biens sans maître » — immeubles dont aucun propriétaire identifiable ne se manifeste auprès de l'autorité publique. Le droit actuel permet aux communes d'engager une procédure de qualification de bien sans maître après trente ans d'ouverture de succession sans héritier (article L. 1123-1 du code général de la propriété des personnes publiques). Cette proposition de loi, portée par des députés du groupe LFI-NFP, vise à ramener ce délai à dix ans, en cohérence avec l'article 780 du code civil qui considère déjà comme renonçant l'héritier n'ayant pas exercé son droit d'option dans ce délai. Le texte impose en outre que les biens ainsi récupérés soient affectés à un usage d'intérêt général — prioritairement du logement social (PLAI, PLUS) ou étudiant — et prévoit une règle automatique : dans les communes ne respectant pas le quota de 25 % de logements sociaux imposé par la loi SRU, tout bien sans maître doit être orienté vers le logement social ou étudiant. Enfin, la proposition modifie les modalités d'indemnisation des anciens propriétaires qui se manifesteraient après la qualification : l'indemnité sera calculée sur la valeur du bien au moment de son incorporation dans le patrimoine communal, et non au moment de sa revente, afin de limiter la charge financière pesant sur les communes et de les encourager à recourir à ce dispositif.
Réduit de trente à dix ans le délai de qualification d'un bien sans maître pour les successions sans héritier identifié, et impose que les biens récupérés soient affectés prioritairement à du logement social ou étudiant, de manière obligatoire dans les communes ne respectant pas les quotas SRU.
Aligne le délai de contestation et de restitution sur le nouveau seuil de dix ans, supprime des références devenues obsolètes, et modifie la base de calcul de l'indemnisation des anciens propriétaires (valeur à la date d'incorporation du bien, et non à la date de sa revente).
Compense la charge financière induite pour les collectivités par une majoration de la dotation globale de fonctionnement, gagée sur une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.
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