Déposée par Louise Morel
En discussion depuis le 20 janvier 2025
Question abordée
Comment permettre aux héritiers qui le souhaitent de vendre ou de partager un bien immobilier bloqué en indivision successorale, sans que le refus ou l'absence d'un seul cohéritier ne paralyse la procédure pendant des décennies ?
Présentation du texte
En France, lorsqu'une personne décède et laisse un bien immobilier à plusieurs héritiers, ces derniers se retrouvent en situation d'indivision : chacun possède une quote-part du bien, mais toute décision importante requiert en principe l'accord de tous. Le droit actuel permet à n'importe quel indivisaire de bloquer indéfiniment la vente ou le partage en jouant la carte de l'absence ou du refus, conduisant à des situations figées pendant vingt, trente, voire quarante ans. On dénombrait plus de 91 000 logements vacants liés à ces blocages en 2021. Cette proposition de loi, déposée par Louise Morel et Nicolas Turquois, s'attaque à ce phénomène dans le contexte de la crise du logement : 4,1 millions de personnes sont mal-logées en France, et des dizaines de milliers de biens restent à l'abandon, souvent parce qu'une succession n'est pas réglée. En outre-mer, la loi Letchimy de 2018 avait déjà introduit des mécanismes permettant aux indivisaires majoritaires de provoquer une vente ou un partage ; ce texte généralise ces mécanismes à l'ensemble du territoire national et les codifie dans le droit commun. Le texte repose sur quatre piliers : un recensement des biens abandonnés, le renforcement des pouvoirs de la Direction nationale d'interventions domaniales (DNID) pour liquider les successions vacantes bloquées, l'extension des règles de la loi Letchimy à tout le territoire, et une réforme de la procédure judiciaire de partage pour la rendre plus rapide. Concrètement, des indivisaires détenant plus de la moitié des droits d'une succession ouverte depuis plus de dix ans pourront provoquer la vente ou le partage devant notaire sans obtenir l'accord des héritiers récalcitrants ou absents, sous réserve d'un ensemble de garanties procédurales et de protections spécifiques pour les personnes vulnérables.
Demande au gouvernement de remettre au Parlement, dans un délai d'un an, un rapport sur la création d'une base de données recensant les biens abandonnés.
Insère deux nouveaux articles dans le code civil (815-5-2 et 815-5-3) autorisant la DNID à vendre seule un bien indivis, sous contrôle judiciaire et avec mesures de publicité obligatoires, lorsque des indivisaires sont inconnus, introuvables ou opposants dans des indivisions de plus de dix ans ou comportant une succession vacante.
Voir les positionsÉtend à l'ensemble du territoire national les mécanismes de la loi Letchimy (jusqu'alors réservés à l'outre-mer), permettant aux indivisaires représentant plus de la moitié des droits d'une succession ouverte depuis plus de dix ans de provoquer la vente ou le partage devant notaire, et abroge les articles correspondants de la loi du 27 décembre 2018 désormais codifiés dans le droit commun.
Voir les positionsRéforme la procédure de partage judiciaire (article 840 du code civil) en instaurant une voie gracieuse de principe, tout en réservant aux parties le droit de provoquer une décision contentieuse sur le fond par voie d'assignation.
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