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Réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984

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Mer. 28 janv.
Proposition de loiPromulgué✓ Promulgué

Réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984

Social

Déposée par Karine Lebon

En discussion depuis le 31 mars 2025

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Vote AN

✓ Adopté

72 pour · 0 contre

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Question abordée

Comment l'État français peut-il réparer concrètement les préjudices subis par les 2 015 mineurs réunionnais arrachés à leur île et transplantés en France hexagonale entre 1962 et 1984 ?

Présentation du texte

Entre 1962 et 1984, dans le cadre d'une politique d'État pilotée par le BUMIDOM, plus de deux mille enfants réunionnais — orphelins ou placés à l'Aide sociale à l'enfance — ont été transférés vers des départements ruraux de métropole souffrant d'exode rural. Le plus jeune avait trois ans. Séparés de leurs fratries, dépaysés à plus de 9 000 kilomètres de chez eux, ces enfants ont connu des conditions d'accueil souvent indignes, allant de carences affectives jusqu'à des violences physiques et sexuelles. C'est la Creuse, département ayant reçu la plus grande proportion d'enfants en 1966, qui a donné son nom populaire à ce groupe : les « Enfants de la Creuse ». Depuis 2014, plusieurs gestes symboliques ont eu lieu : une résolution mémorielle adoptée à l'Assemblée nationale, une lettre du président Macron reconnaissant une « faute » de l'État, et une plaque commémorative inaugurée à l'aéroport d'Orly en 2022. Mais aucune réparation juridique ou financière systématique n'avait encore été instaurée. En janvier 2024, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a explicitement demandé à la France de reconnaître ces souffrances, de présenter des excuses officielles et d'indemniser les victimes. Cette proposition de loi, portée par une large coalition transpartisane de plus de cent députés et promulguée, vise à franchir ce cap. Elle s'inspire de modèles étrangers — notamment la loi fédérale suisse de 2016 ayant indemnisé 12 000 enfants placés, et le processus canadien de réconciliation avec les peuples autochtones victimes des pensionnats — pour bâtir un cadre national de réparation. Le texte repose sur quatre piliers : une commission officielle de reconnaissance chargée de piloter le processus de réconciliation, une journée nationale de commémoration, un lieu de mémoire et de ressources dans la Creuse, et une allocation financière de réparation pour les victimes ou leurs descendants.

Les arguments

La loi donne une reconnaissance juridique formelle à une injustice d'État documentée, au-delà des simples gestes symboliques déjà accomplis.
Une allocation financière concrète est créée pour les victimes encore en vie ou leurs descendants, couvrant l'ensemble des préjudices subis.
La commission de reconnaissance intègre obligatoirement au moins six survivants parmi ses vingt-cinq membres, garantissant que les victimes participent directement aux décisions.
Le texte s'aligne sur les recommandations formelles du Conseil de l'Europe de janvier 2024, renforçant la position internationale de la France sur les droits des enfants placés.
Il s'inspire d'expériences étrangères réussies (Suisse, Canada) dont l'efficacité est prouvée pour des situations comparables.
L'allocation de réparation est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales, préservant intégralement son montant pour les bénéficiaires.
Les descendants des victimes décédées peuvent également prétendre à la réparation, évitant que la mort empêche toute reconnaissance.
La commission a pour mission de surveiller l'intégration de cet épisode dans les programmes scolaires, assurant la transmission de cette mémoire aux générations futures.
La création d'un lieu de mémoire dans la Creuse crée un pôle d'activité susceptible de redynamiser économiquement ce département rural en déclin.
Le texte prévoit explicitement un accès aux archives pour permettre aux victimes de reconstituer leur histoire personnelle et leur état civil.
Le conseil départemental de La Réunion peut choisir d'accorder des conditions et montants d'allocation plus favorables que le barème national minimal.
La journée nationale du 18 février ancre le devoir de mémoire dans le calendrier républicain à une date symbolique liée à l'adoption de la résolution de 2014.
La large composition transpartisane des signataires (plus d'une centaine de députés) confère une légitimité politique exceptionnelle au texte.
L'établissement public créé peut requérir des informations auprès de tous les services de l'État, lui donnant des moyens d'action effectifs pour accomplir ses missions.
Le processus répond à une attente vieille de plusieurs décennies des associations de victimes, mettant fin à une souffrance institutionnelle prolongée.
Le financement initial est gagé sur une taxe additionnelle sur le tabac, mécanisme fragile et indirect qui n'assure pas de ressources pérennes dédiées.
Un délai minimum de trois ans pour déposer une demande de réparation risque d'être insuffisant compte tenu de l'âge avancé de nombreuses victimes et de la complexité des démarches.
Le barème précis de l'allocation est renvoyé à un décret, laissant une incertitude importante sur le montant réel des réparations au moment du vote de la loi.
Plusieurs groupes parlementaires ont jugé l'expression « Enfants de la Creuse » stigmatisante pour la jeunesse actuelle de ce département, sans qu'un consensus terminologique ait été trouvé.
L'allocation initiale est réservée aux victimes « en situation d'exclusion », excluant potentiellement des personnes ayant subi des préjudices réels mais ne remplissant pas ce critère socio-économique.
La gestion d'un fonds national de réparation confiée au conseil départemental de La Réunion peut générer des lourdeurs administratives et des inégalités de traitement selon la résidence des victimes.
Un mandat de commission limité à cinq ans paraît trop court pour un processus de réconciliation de longue haleine comparable à ceux menés au Canada ou en Australie.
L'extension de la journée commémorative à tous les enfants victimes de l'ASE dilue la spécificité de l'histoire réunionnaise dans un sujet beaucoup plus large.
La suppression de l'article 5 par le gouvernement transfère la charge financière sur le budget général de l'État sans mécanisme de financement identifié et voté.
L'absence d'un plafond ou d'une enveloppe globale dans le texte rend difficile toute évaluation sérieuse du coût total pour les finances publiques.
La suppression de l'article 3 en commission fragilise l'autonomie juridique et financière du lieu de mémoire, dont les missions sont désormais fondues dans celles de la commission.
✓ POUR15
La loi donne une reconnaissance juridique formelle à une injustice d'État documentée, au-delà des simples gestes symboliques déjà accomplis.
Une allocation financière concrète est créée pour les victimes encore en vie ou leurs descendants, couvrant l'ensemble des préjudices subis.
La commission de reconnaissance intègre obligatoirement au moins six survivants parmi ses vingt-cinq membres, garantissant que les victimes participent directement aux décisions.
Le texte s'aligne sur les recommandations formelles du Conseil de l'Europe de janvier 2024, renforçant la position internationale de la France sur les droits des enfants placés.
Il s'inspire d'expériences étrangères réussies (Suisse, Canada) dont l'efficacité est prouvée pour des situations comparables.
L'allocation de réparation est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales, préservant intégralement son montant pour les bénéficiaires.
Les descendants des victimes décédées peuvent également prétendre à la réparation, évitant que la mort empêche toute reconnaissance.
La commission a pour mission de surveiller l'intégration de cet épisode dans les programmes scolaires, assurant la transmission de cette mémoire aux générations futures.
La création d'un lieu de mémoire dans la Creuse crée un pôle d'activité susceptible de redynamiser économiquement ce département rural en déclin.
Le texte prévoit explicitement un accès aux archives pour permettre aux victimes de reconstituer leur histoire personnelle et leur état civil.
Le conseil départemental de La Réunion peut choisir d'accorder des conditions et montants d'allocation plus favorables que le barème national minimal.
La journée nationale du 18 février ancre le devoir de mémoire dans le calendrier républicain à une date symbolique liée à l'adoption de la résolution de 2014.
La large composition transpartisane des signataires (plus d'une centaine de députés) confère une légitimité politique exceptionnelle au texte.
L'établissement public créé peut requérir des informations auprès de tous les services de l'État, lui donnant des moyens d'action effectifs pour accomplir ses missions.
Le processus répond à une attente vieille de plusieurs décennies des associations de victimes, mettant fin à une souffrance institutionnelle prolongée.
✕ CONTRE11
Le financement initial est gagé sur une taxe additionnelle sur le tabac, mécanisme fragile et indirect qui n'assure pas de ressources pérennes dédiées.
Un délai minimum de trois ans pour déposer une demande de réparation risque d'être insuffisant compte tenu de l'âge avancé de nombreuses victimes et de la complexité des démarches.
Le barème précis de l'allocation est renvoyé à un décret, laissant une incertitude importante sur le montant réel des réparations au moment du vote de la loi.
Plusieurs groupes parlementaires ont jugé l'expression « Enfants de la Creuse » stigmatisante pour la jeunesse actuelle de ce département, sans qu'un consensus terminologique ait été trouvé.
L'allocation initiale est réservée aux victimes « en situation d'exclusion », excluant potentiellement des personnes ayant subi des préjudices réels mais ne remplissant pas ce critère socio-économique.
La gestion d'un fonds national de réparation confiée au conseil départemental de La Réunion peut générer des lourdeurs administratives et des inégalités de traitement selon la résidence des victimes.
Un mandat de commission limité à cinq ans paraît trop court pour un processus de réconciliation de longue haleine comparable à ceux menés au Canada ou en Australie.
L'extension de la journée commémorative à tous les enfants victimes de l'ASE dilue la spécificité de l'histoire réunionnaise dans un sujet beaucoup plus large.
La suppression de l'article 5 par le gouvernement transfère la charge financière sur le budget général de l'État sans mécanisme de financement identifié et voté.
L'absence d'un plafond ou d'une enveloppe globale dans le texte rend difficile toute évaluation sérieuse du coût total pour les finances publiques.
La suppression de l'article 3 en commission fragilise l'autonomie juridique et financière du lieu de mémoire, dont les missions sont désormais fondues dans celles de la commission.

Résumé des articles· 5 articles

Art. 1

Crée une commission de reconnaissance des ex-mineurs réunionnais transplantés, chargée de piloter la réconciliation, contrôler l'application des recommandations historiques et veiller à l'intégration de cet épisode dans les programmes scolaires et de recherche, pour un mandat de cinq ans avec vingt-cinq membres dont au moins six survivants.

Art. 2

Institue une journée nationale d'hommage aux « Enfants dits de la Creuse » et aux autres enfants victimes de maltraitance dans l'ASE, fixée chaque année au 18 février, sans caractère férié ni chômé.

Voir les positions
Art. 3

Crée dans le département de la Creuse un établissement public administratif autonome dénommé « Maison de l'accueil et de la protection de l'enfance », chargé d'accueillir les archives, d'accompagner les victimes, de mener des actions culturelles et de coordonner des programmes de recherche universitaire.

Voir les positions
Art. 4

Définit les conditions d'attribution d'une allocation forfaitaire valant réparation pour les ex-mineurs transplantés ou leurs descendants, exonérée d'impôt et de cotisations sociales, gérée via un fonds de solidarité dont les modalités sont fixées par décret.

Voir les positions
Art. 5

Prévoit les mécanismes de compensation financière des charges induites pour l'État, les collectivités et les organismes de sécurité sociale, par le biais de taxes additionnelles sur les tabacs et d'une majoration de la dotation globale de fonctionnement.

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Art. 1

Crée une commission de reconnaissance des ex-mineurs réunionnais transplantés, chargée de piloter la réconciliation, contrôler l'application des recommandations historiques et veiller à l'intégration de cet épisode dans les programmes scolaires et de recherche, pour un mandat de cinq ans avec vingt-cinq membres dont au moins six survivants.

Art. 2

Institue une journée nationale d'hommage aux « Enfants dits de la Creuse » et aux autres enfants victimes de maltraitance dans l'ASE, fixée chaque année au 18 février, sans caractère férié ni chômé.

Voir les positions
Art. 3

Crée dans le département de la Creuse un établissement public administratif autonome dénommé « Maison de l'accueil et de la protection de l'enfance », chargé d'accueillir les archives, d'accompagner les victimes, de mener des actions culturelles et de coordonner des programmes de recherche universitaire.

Voir les positions
Art. 4

Définit les conditions d'attribution d'une allocation forfaitaire valant réparation pour les ex-mineurs transplantés ou leurs descendants, exonérée d'impôt et de cotisations sociales, gérée via un fonds de solidarité dont les modalités sont fixées par décret.

Voir les positions
Art. 5

Prévoit les mécanismes de compensation financière des charges induites pour l'État, les collectivités et les organismes de sécurité sociale, par le biais de taxes additionnelles sur les tabacs et d'une majoration de la dotation globale de fonctionnement.

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Porteur du texte

Karine LebonGauche Démocrate et Républicaine

Parcours de la loi

✅

Promulgation

le 29 juin 2026· Loi n° 2026-555· Légifrance →
🔍

Examen en commission

SN1ère lecture
Saisie le 29 janv. 2026· Rapport le 10 juin 2026
📄

Dépôt du texte

SN1ère lecture
le 29 janv. 2026
🏛️

Séance plénière

AN1ère lectureadopté
le 28 janv. 2026
🔍

Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 1 avr. 2025· Rapport le 20 janv. 2026
📄

Dépôt du texte

AN1ère lecture
le 1 avr. 2025

⚖️

Cette loi est en vigueur

Promulguée et publiée au Journal Officiel