Déposée par Emmanuel Maurel
En discussion depuis le 29 juillet 2025
Question abordée
L'Assemblée nationale doit-elle demander au gouvernement de s'opposer à l'accord commercial négocié le 27 juillet 2025 entre l'Union européenne et les États-Unis ?
Présentation du texte
Le 27 juillet 2025, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé les grandes lignes d'un accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis. Cet accord prévoit notamment une hausse des droits de douane américains de 15 % sur les exportations européennes, sans contrepartie tarifaire équivalente pour les produits américains entrant en Europe, ainsi que des engagements massifs d'achats d'énergie américaine, d'armements et d'investissements aux États-Unis. Dans ce contexte, une proposition de résolution européenne (PPRE) a été déposée à l'Assemblée nationale par des députés issus de plusieurs groupes politiques (gauche, centre, divers). Ce texte demande au gouvernement français de s'opposer à cet accord, de le bloquer au sein du Conseil de l'UE et de saisir la Cour de justice européenne (CJUE) afin de vérifier sa compatibilité avec les traités. Il s'appuie sur l'article 88-4 de la Constitution, qui permet au Parlement français de voter des résolutions sur les actes européens ; ce vote n'a pas force de loi contraignante mais exprime une position politique à l'intention du gouvernement. Le texte a été enrichi par plusieurs amendements, dont certains adoptés, visant à préciser les conditions opaques de la négociation, à mentionner les menaces tarifaires de Donald Trump sur les vins et champagnes français, à souligner les risques environnementaux liés à l'augmentation de la production d'hydrocarbures américains, et à intégrer la décision du Parlement européen de geler la ratification de l'accord en janvier 2026. La proposition est portée par des élus de La France insoumise, du groupe socialiste et apparentés, de la Gauche Démocrate et Républicaine, ainsi que de groupes centristes et divers, témoignant d'une opposition transpartisane à cet accord jugé déséquilibré.
Invite le gouvernement à signifier à la Commission européenne son opposition à l'accord, à s'y opposer au Conseil de l'UE, à faire valoir le caractère mixte de l'accord nécessitant une approbation nationale, à exiger un vote à l'unanimité suivi d'une ratification par le Parlement européen et par l'ensemble des parlements nationaux, à refuser toute mise en œuvre sans cette approbation préalable, et à saisir la Cour de justice de l'UE de la compatibilité de l'accord avec les traités européens en vertu de l'article 218 (11) du TFUE.
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