Déposée par Marie Récalde
En discussion depuis le 13 octobre 2025
Question abordée
Comment l'État peut-il financer un programme public d'innovation thérapeutique pour les enfants atteints de cancers ou de maladies rares, face au désintérêt structurel de l'industrie pharmaceutique pour ces marchés jugés trop peu rentables ?
Présentation du texte
Le cancer est la deuxième cause de mortalité chez l'enfant de plus d'un an en France, après les accidents. Chaque année, plus de 450 enfants et adolescents âgés de 0 à 17 ans décèdent de cette maladie. Pourtant, depuis 2009, sur 150 médicaments anticancéreux développés pour les adultes, seulement 16 ont obtenu une autorisation pour une indication pédiatrique spécifique, et aucun traitement n'a été conçu spécifiquement pour les cancers pédiatriques les plus mortels. Cette situation s'explique par un défaut structurel du marché : les maladies rares ou exclusivement pédiatriques offrent des perspectives de retour sur investissement insuffisantes pour attirer les laboratoires pharmaceutiques et les investisseurs privés. Le règlement pédiatrique européen, qui repose sur des incitations, a démontré ses limites dans ces domaines où les besoins adultes et pédiatriques ne coïncident pas. Pour y remédier, cette proposition de loi crée un programme de soutien à l'innovation thérapeutique pédiatrique, financé par une contribution de 0,15 % (ramenée à 0,10 % en commission) prélevée sur le chiffre d'affaires des laboratoires pharmaceutiques dont les médicaments sont remboursés par l'Assurance maladie. Ce fonds serait géré par BPI France, banque publique d'investissement, avec pour mission de financer des entreprises françaises développant des solutions thérapeutiques contre les cancers, maladies rares et maladies orphelines de l'enfant. Le texte comporte trois articles : le premier institue la contribution dans le code de la sécurité sociale, le deuxième en fixe le taux et l'assiette et prévoit un rapport annuel au Parlement, le troisième constitue le gage financier réglementaire. Un article 2 bis, ajouté en commission, demande un rapport sur l'accès aux essais cliniques précoces pour les adolescents.
Crée dans le code de la sécurité sociale (article L. 245-6-1) une contribution versée par les exploitants de spécialités pharmaceutiques remboursées, destinée à financer un programme de soutien à l'innovation thérapeutique contre les cancers et maladies rares de l'enfant géré par BPI France.
Fixe le taux de la contribution à 0,15 % (réduit à 0,10 % par amendement adopté en commission) du chiffre d'affaires HT des médicaments bénéficiant d'une AMM et inscrits sur les listes de remboursement, tout en excluant les médicaments orphelins, et prévoit un rapport annuel du Gouvernement au Parlement ainsi qu'un décret en Conseil d'État pour les modalités d'application.
Voir les positionsDemande au Gouvernement un rapport sur l'accès des adolescents aux essais cliniques précoces et sur les pistes pour simplifier et accélérer les procédures afférentes.
Voir les positionsConstitue le gage financier de la proposition de loi en prévoyant la création d'une taxe additionnelle sur les tabacs pour compenser la charge pour l'État.
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