Déposée par Annie Vidal
En discussion depuis le 13 octobre 2025
Question abordée
Comment améliorer concrètement la protection juridique des adultes vulnérables tout en la rendant plus souple, mieux adaptée aux réalités familiales et plus lisible pour les familles, les professionnels et les juges ?
Présentation du texte
En France, entre 800 000 et 1 million de personnes adultes font l'objet d'une mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle ou habilitation familiale). Ces dispositifs, réformés par la loi du 5 mars 2007, montrent aujourd'hui leurs limites face à la complexité croissante des patrimoines, à la diversification des structures familiales et aux rigidités procédurales que rencontrent quotidiennement juges, mandataires judiciaires et familles. Déposée le 14 octobre 2025 par Mme Annie Vidal et de nombreux collègues parlementaires, cette proposition de loi s'inscrit dans le prolongement des États généraux de la justice et de la loi « Bien vieillir » de 2024. Elle ne remet pas en cause l'architecture générale du droit de la protection des majeurs, mais propose onze ajustements ciblés pour corriger des dysfonctionnements identifiés sur le terrain par les praticiens. Le texte agit sur plusieurs leviers : il autorise la gestion immobilière professionnelle des biens des personnes protégées, facilite la communication entre services sociaux et autorités judiciaires, crée des passerelles entre mesures de protection, garantit la continuité de la mesure en cas de disparition du tuteur, introduit un mandat de protection future « d'assistance » plus souple, et étend le périmètre de l'habilitation familiale. Renvoyée à la commission des lois, la proposition a suscité une centaine d'amendements, révélant des débats sur la sécurité juridique du mandat de gestion immobilière, les garanties de vie privée lors de la levée du secret professionnel, et le respect du droit des personnes protégées à être associées aux décisions les concernant.
Autorise le recours à un contrat de gestion immobilière professionnelle pour les biens des personnes protégées, en dérogeant à l'interdiction de faire transiter les loyers par des comptes bancaires tiers.
Permet aux travailleurs sociaux de lever le secret professionnel pour informer le procureur de la République ou le juge des tutelles en cas de danger pour un adulte vulnérable.
Voir les positionsCrée une passerelle procédurale permettant au juge de prononcer directement une mesure de protection adaptée (curatelle, tutelle, habilitation familiale) à l'issue de l'instruction d'une requête en habilitation entre époux.
Voir les positionsPermet la désignation anticipée d'un tuteur ou curateur de remplacement en cas de décès ou d'incapacité du premier désigné, et organise la substitution temporaire entre mandataires judiciaires en cas d'indisponibilité.
Voir les positionsIntroduit un mandat de protection future aux fins d'assistance, forme souple de protection comparable à la curatelle, et permet l'évolution automatique du mandat en fonction du degré d'altération des facultés du bénéficiaire.
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