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Moderniser et simplifier la protection juridique des majeurs

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Lun. 11 mai
Proposition de loiEn commission

Moderniser et simplifier la protection juridique des majeurs

Institutions

Déposée par Annie Vidal

En discussion depuis le 13 octobre 2025

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Vue d'ensembleDiscussion0Séances1

Question abordée

Comment améliorer concrètement la protection juridique des adultes vulnérables tout en la rendant plus souple, mieux adaptée aux réalités familiales et plus lisible pour les familles, les professionnels et les juges ?

Présentation du texte

En France, entre 800 000 et 1 million de personnes adultes font l'objet d'une mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle ou habilitation familiale). Ces dispositifs, réformés par la loi du 5 mars 2007, montrent aujourd'hui leurs limites face à la complexité croissante des patrimoines, à la diversification des structures familiales et aux rigidités procédurales que rencontrent quotidiennement juges, mandataires judiciaires et familles. Déposée le 14 octobre 2025 par Mme Annie Vidal et de nombreux collègues parlementaires, cette proposition de loi s'inscrit dans le prolongement des États généraux de la justice et de la loi « Bien vieillir » de 2024. Elle ne remet pas en cause l'architecture générale du droit de la protection des majeurs, mais propose onze ajustements ciblés pour corriger des dysfonctionnements identifiés sur le terrain par les praticiens. Le texte agit sur plusieurs leviers : il autorise la gestion immobilière professionnelle des biens des personnes protégées, facilite la communication entre services sociaux et autorités judiciaires, crée des passerelles entre mesures de protection, garantit la continuité de la mesure en cas de disparition du tuteur, introduit un mandat de protection future « d'assistance » plus souple, et étend le périmètre de l'habilitation familiale. Renvoyée à la commission des lois, la proposition a suscité une centaine d'amendements, révélant des débats sur la sécurité juridique du mandat de gestion immobilière, les garanties de vie privée lors de la levée du secret professionnel, et le respect du droit des personnes protégées à être associées aux décisions les concernant.

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Porteur du texte

Annie VidalEnsemble pour la République

Parcours de la loi

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Séance plénière

AN1ère lecture
le 11 mai 2026
🔍

Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 14 oct. 2025· Rapport le 6 mai 2026
📄

Dépôt du texte

Le texte
Amendements171
Statistiques

Les arguments

La gestion immobilière professionnelle permet de mieux valoriser le patrimoine des personnes protégées, souvent mal géré faute d'expertise adaptée.
La levée encadrée du secret professionnel entre services sociaux et justice facilite la détection précoce des situations de danger pour les adultes vulnérables.
La passerelle procédurale entre habilitation entre époux et autres mesures de protection évite les désistements artificiels et garantit une réponse judiciaire adaptée.
La désignation anticipée d'un tuteur ou curateur de remplacement assure la continuité de la protection en cas de décès ou d'incapacité du premier désigné, évitant les vides juridiques.
Le nouveau mandat de protection future aux fins d'assistance offre un outil plus souple, intermédiaire entre l'autonomie totale et la représentation complète.
La possibilité que le mandat évolue automatiquement selon l'état de santé du bénéficiaire évite de saisir le juge à chaque changement de situation médicale.
L'élargissement de l'habilitation familiale aux « parents et alliés » ouvre ce dispositif à des familles dont la composition ne correspond pas au schéma traditionnel.
La désignation d'un habilité ad hoc en cas de conflit d'intérêts renforce la protection des droits de la personne lors de décisions sensibles.
La substitution temporaire entre mandataires judiciaires inscrits sur la même liste garantit la continuité du service sans rupture de prise en charge.
L'extension des dispositifs d'aide et de soutien aux habilités familiaux corrige une inégalité de traitement avec les tuteurs et curateurs familiaux.
L'information obligatoire du titulaire de la mesure de protection lors du renouvellement d'une mesure d'isolement ou de contention tire les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel du 5 mars 2025.
L'harmonisation terminologique aux réalités familiales contemporaines modernise le droit sans en changer la substance.
La simplification de la base légale du registre des mesures de protection facilite sa mise en œuvre administrative et budgétaire.
L'application explicite de la réforme dans les outre-mer garantit l'égalité de traitement sur l'ensemble du territoire de la République.
La réouverture partielle des « comptes pivots » pour la gestion immobilière contredit un principe fondamental de la réforme de 2007, qui avait précisément interdit cette pratique pour prévenir les abus.
L'article 1er ne conditionne pas le mandat de gestion immobilière à la détention d'une qualification professionnelle reconnue, laissant la porte ouverte à des prestataires non qualifiés.
La levée du secret professionnel pourrait s'appliquer à des personnes seulement susceptibles d'être protégées et sans mesure encore prononcée, fragilisant la garantie de vie privée.
L'élargissement aux « alliés » pour l'habilitation familiale est jugé insuffisamment défini et risque d'ouvrir la mesure à des personnes dont la légitimité à exercer une protection n'est pas établie.
L'absence de consultation systématique de la personne protégée lors de la désignation du remplaçant est contraire aux normes internationales sur les droits des personnes handicapées (Convention ONU, article 12).
Le report du registre national des mesures de protection à 2028 retarde encore davantage un outil indispensable à la transparence et à la prévention des mesures redondantes ou abusives.
Aucune limite de durée maximale n'est fixée pour le mandat de protection future, ce qui peut conduire à des situations de dépendance prolongée sans réévaluation.
Le coût élevé du mandat de protection future notarié, représentant plus de 90 % des mandats conclus, n'est pas traité, limitant l'accès à cet outil aux ménages aisés.
La reprise automatique de la mesure par le remplaçant désigné sans décision judiciaire préalable prive le juge de tout contrôle sur une procédure engageant des droits fondamentaux.
L'approche globale du texte est jugée par certains trop paternaliste, perpétuant une conception de la protection qui ne laisse pas suffisamment de place à l'autodétermination des personnes concernées.
Plusieurs amendements ont été déclarés « cavaliers législatifs », signalant un risque constitutionnel sur certaines dispositions du texte.
L'absence d'obligation de recueillir le consentement de la personne protégée lors du changement d'habilité familial est perçue comme un recul par rapport aux exigences contemporaines de respect de la volonté des personnes vulnérables.
✓ POUR14
La gestion immobilière professionnelle permet de mieux valoriser le patrimoine des personnes protégées, souvent mal géré faute d'expertise adaptée.
La levée encadrée du secret professionnel entre services sociaux et justice facilite la détection précoce des situations de danger pour les adultes vulnérables.
La passerelle procédurale entre habilitation entre époux et autres mesures de protection évite les désistements artificiels et garantit une réponse judiciaire adaptée.
La désignation anticipée d'un tuteur ou curateur de remplacement assure la continuité de la protection en cas de décès ou d'incapacité du premier désigné, évitant les vides juridiques.
Le nouveau mandat de protection future aux fins d'assistance offre un outil plus souple, intermédiaire entre l'autonomie totale et la représentation complète.
La possibilité que le mandat évolue automatiquement selon l'état de santé du bénéficiaire évite de saisir le juge à chaque changement de situation médicale.
L'élargissement de l'habilitation familiale aux « parents et alliés » ouvre ce dispositif à des familles dont la composition ne correspond pas au schéma traditionnel.
La désignation d'un habilité ad hoc en cas de conflit d'intérêts renforce la protection des droits de la personne lors de décisions sensibles.
La substitution temporaire entre mandataires judiciaires inscrits sur la même liste garantit la continuité du service sans rupture de prise en charge.
L'extension des dispositifs d'aide et de soutien aux habilités familiaux corrige une inégalité de traitement avec les tuteurs et curateurs familiaux.
L'information obligatoire du titulaire de la mesure de protection lors du renouvellement d'une mesure d'isolement ou de contention tire les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel du 5 mars 2025.
L'harmonisation terminologique aux réalités familiales contemporaines modernise le droit sans en changer la substance.
La simplification de la base légale du registre des mesures de protection facilite sa mise en œuvre administrative et budgétaire.
L'application explicite de la réforme dans les outre-mer garantit l'égalité de traitement sur l'ensemble du territoire de la République.
✕ CONTRE12
La réouverture partielle des « comptes pivots » pour la gestion immobilière contredit un principe fondamental de la réforme de 2007, qui avait précisément interdit cette pratique pour prévenir les abus.
L'article 1er ne conditionne pas le mandat de gestion immobilière à la détention d'une qualification professionnelle reconnue, laissant la porte ouverte à des prestataires non qualifiés.
La levée du secret professionnel pourrait s'appliquer à des personnes seulement susceptibles d'être protégées et sans mesure encore prononcée, fragilisant la garantie de vie privée.
L'élargissement aux « alliés » pour l'habilitation familiale est jugé insuffisamment défini et risque d'ouvrir la mesure à des personnes dont la légitimité à exercer une protection n'est pas établie.
L'absence de consultation systématique de la personne protégée lors de la désignation du remplaçant est contraire aux normes internationales sur les droits des personnes handicapées (Convention ONU, article 12).
Le report du registre national des mesures de protection à 2028 retarde encore davantage un outil indispensable à la transparence et à la prévention des mesures redondantes ou abusives.
Aucune limite de durée maximale n'est fixée pour le mandat de protection future, ce qui peut conduire à des situations de dépendance prolongée sans réévaluation.
Le coût élevé du mandat de protection future notarié, représentant plus de 90 % des mandats conclus, n'est pas traité, limitant l'accès à cet outil aux ménages aisés.
La reprise automatique de la mesure par le remplaçant désigné sans décision judiciaire préalable prive le juge de tout contrôle sur une procédure engageant des droits fondamentaux.
L'approche globale du texte est jugée par certains trop paternaliste, perpétuant une conception de la protection qui ne laisse pas suffisamment de place à l'autodétermination des personnes concernées.
Plusieurs amendements ont été déclarés « cavaliers législatifs », signalant un risque constitutionnel sur certaines dispositions du texte.
L'absence d'obligation de recueillir le consentement de la personne protégée lors du changement d'habilité familial est perçue comme un recul par rapport aux exigences contemporaines de respect de la volonté des personnes vulnérables.

Résumé des articles· 11 articles

Art. 1

Autorise le recours à un contrat de gestion immobilière professionnelle pour les biens des personnes protégées, en dérogeant à l'interdiction de faire transiter les loyers par des comptes bancaires tiers.

Art. 2

Permet aux travailleurs sociaux de lever le secret professionnel pour informer le procureur de la République ou le juge des tutelles en cas de danger pour un adulte vulnérable.

Voir les positions
Art. 3

Crée une passerelle procédurale permettant au juge de prononcer directement une mesure de protection adaptée (curatelle, tutelle, habilitation familiale) à l'issue de l'instruction d'une requête en habilitation entre époux.

Voir les positions
Art. 4

Permet la désignation anticipée d'un tuteur ou curateur de remplacement en cas de décès ou d'incapacité du premier désigné, et organise la substitution temporaire entre mandataires judiciaires en cas d'indisponibilité.

Voir les positions
Art. 5

Introduit un mandat de protection future aux fins d'assistance, forme souple de protection comparable à la curatelle, et permet l'évolution automatique du mandat en fonction du degré d'altération des facultés du bénéficiaire.

Voir les positions
Art. 6

Réforme l'habilitation familiale en élargissant le cercle des personnes pouvant être habilitées, en permettant la désignation d'un habilité de remplacement et d'un habilité ad hoc en cas de conflit d'intérêts, et en créant une passerelle vers la curatelle ou la tutelle.

Voir les positions
Art. 7

Ajuste le cadre juridique du registre national des mesures de protection en simplifiant sa base légale (arrêté technique au lieu de décret en Conseil d'État) et reporte son entrée en vigueur à fin 2028.

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Art. 8

Impose l'information du titulaire de la mesure de protection lors du renouvellement d'une mesure d'isolement ou de contention concernant un patient majeur protégé, en application de la décision du Conseil constitutionnel du 5 mars 2025.

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Art. 9

Étend aux habilités familiaux les dispositifs d'aide et de soutien jusqu'ici réservés aux seuls tuteurs et curateurs familiaux.

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Art. 10

Assure l'application de la loi dans les collectivités d'outre-mer.

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Art. 11

Prévoit un gage financier compensant les charges résultant de la loi par une majoration des droits sur les produits du tabac.

Art. 1

Autorise le recours à un contrat de gestion immobilière professionnelle pour les biens des personnes protégées, en dérogeant à l'interdiction de faire transiter les loyers par des comptes bancaires tiers.

Art. 2

Permet aux travailleurs sociaux de lever le secret professionnel pour informer le procureur de la République ou le juge des tutelles en cas de danger pour un adulte vulnérable.

Voir les positions
Art. 3

Crée une passerelle procédurale permettant au juge de prononcer directement une mesure de protection adaptée (curatelle, tutelle, habilitation familiale) à l'issue de l'instruction d'une requête en habilitation entre époux.

Voir les positions
Art. 4

Permet la désignation anticipée d'un tuteur ou curateur de remplacement en cas de décès ou d'incapacité du premier désigné, et organise la substitution temporaire entre mandataires judiciaires en cas d'indisponibilité.

Voir les positions
Art. 5

Introduit un mandat de protection future aux fins d'assistance, forme souple de protection comparable à la curatelle, et permet l'évolution automatique du mandat en fonction du degré d'altération des facultés du bénéficiaire.

Voir les positions
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