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Garantir le bénéfice des prestations familiales aux enfants placés

▦Vue d'ensemble💬Discussion🏛️Séances1📄Le texte de loi✎Amendements137♡Voter
Jeu. 9 avr.
Proposition de loiEn commission

Garantir le bénéfice des prestations familiales aux enfants placés

Social

Déposée par Nathalie Colin-Oesterlé

En discussion depuis le 16 février 2026

Vue d'ensembleDiscussion0Séances1Le texteAmendements137StatistiquesParcours
Vue d'ensembleDiscussion0Séances1

Question abordée

Les aides financières destinées aux enfants placés hors de leur foyer familial doivent-elles être versées directement aux structures ou personnes qui les prennent en charge au quotidien, plutôt qu'aux parents biologiques ?

Présentation du texte

En France, environ 190 000 enfants sont placés hors de leur domicile familial, confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE), à des familles d'accueil ou à des tiers de confiance. Ces placements interviennent dans des situations graves — violences, négligences sévères, abandon — et constituent une mesure de dernier recours depuis les lois de 2016 et 2022. Pourtant, dans plus de 80 % des cas, les allocations familiales continuent d'être versées aux parents biologiques, même lorsque ceux-ci n'assument plus aucune charge effective envers l'enfant. Les budgets départementaux consacrés à la protection de l'enfance atteignent 9,8 milliards d'euros et progressent de 10 % par an, sans que ces prestations viennent les abonder. Le coût moyen d'un enfant placé s'élève à 36 500 € par an. Cette proposition de loi, déposée en février 2026 par des députés du groupe Horizons et apparentés, entend corriger ce déséquilibre en faisant du versement des prestations au tiers accueillant la règle, et non l'exception. Elle vise également à réformer l'allocation de rentrée scolaire (ARS), actuellement consignée à la Caisse des dépôts et consignations jusqu'à la majorité avec un taux de récupération effectif de 44 % seulement, et à rediriger la majoration du RSA correspondant à l'enfant placé. Le texte a été profondément remanié en commission des affaires sociales : les articles 1, 2 et 3 ont été supprimés par des amendements adoptés, issus notamment des groupes Socialistes et apparentés, Écologiste et Social, et Gauche Démocrate et Républicaine.

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Porteur du texte

Nathalie Colin-OesterléHorizons & Indépendants

Parcours de la loi

🏛️

Séance plénière

AN1ère lecture
le 9 avr. 2026
🔍

Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 17 févr. 2026· Rapport le 2 avr. 2026
📄

Dépôt du texte

Le texte
Amendements137
Statistiques

Les arguments

Rediriger les allocations familiales vers les structures d'accueil apporterait 500 millions d'euros supplémentaires aux budgets de protection de l'enfance sans coût supplémentaire pour l'État.
Dans plus de 80 % des placements, les prestations restent versées aux parents qui n'assument plus aucune charge réelle envers l'enfant, ce qui constitue une incohérence manifeste.
Le coût annuel moyen d'un enfant placé s'élève à 36 500 €, dont 87 % pour l'hébergement : les familles d'accueil supportent des charges importantes sans bénéficier des prestations prévues à cet effet.
Les dépenses départementales de protection de l'enfance progressent de 10 % par an ; les ressources des familles d'accueil et de l'ASE doivent suivre cette hausse.
L'allocation de rentrée scolaire est explicitement destinée à couvrir des dépenses scolaires immédiates ; la consigner jusqu'à la majorité la détourne de son objet initial.
Le taux de restitution du pécule ARS n'est que de 44 %, ce qui signifie que 56 % des jeunes concernés ne récupèrent jamais ces sommes faute d'information ou de démarches effectuées.
Le pécule ARS ne profite qu'aux enfants dont la famille est éligible à cette allocation, créant une inégalité entre enfants placés selon l'origine sociale de leurs parents.
Le placement étant une mesure de dernier recours réservée aux situations les plus graves, les parents visés n'assurent plus dans la majorité des cas aucune prise en charge effective.
La réforme renforcerait la responsabilité parentale en liant clairement le versement des prestations à la prise en charge effective de l'enfant.
Prévoir une révision de la pension alimentaire lors du placement évite les situations absurdes où elle continue d'être versée entre parents alors que l'enfant est confié à un tiers.
Réduire les ressources financières de familles déjà précaires risque de rendre le retour de l'enfant à son foyer impossible ou plus difficile.
La suppression du mécanisme de consignation à la Caisse des dépôts prive les jeunes sortant de l'ASE d'un pécule constitué sur plusieurs années pour financer leur entrée dans la vie adulte.
Le juge des enfants doit conserver une pleine liberté d'appréciation pour décider du maintien des allocations aux parents selon la situation individuelle de chaque famille.
La rédaction initiale ne retient que la charge matérielle comme critère, ignorant la dimension morale et affective de la relation parent-enfant pourtant reconnue par le droit.
Supprimer la possibilité pour le juge de se saisir d'office fragilise la protection des familles les plus vulnérables, qui ne disposent pas toujours des ressources pour saisir elles-mêmes la juridiction.
Le transfert d'une part du RSA aux tiers pose des problèmes d'applicabilité majeurs, le RSA n'étant pas une prestation familiale mais un revenu minimum garanti.
Diminuer le RSA d'une famille précaire peut aggraver la situation des frères et sœurs non placés qui restent au foyer.
Conditionner le maintien des allocations à la saisine du président du conseil départemental introduit un acteur administratif dans une décision qui devrait rester exclusivement judiciaire.
L'absence de prise en compte des placements d'urgence provisoires (art. 375-5 du code civil) pourrait entraîner des transferts de prestations pour des mesures conservatoires de très courte durée.
Les trois articles principaux ont été supprimés en commission par une coalition de groupes de gauche et du centre-gauche, témoignant d'un désaccord profond sur la philosophie du texte.
✓ POUR10
Rediriger les allocations familiales vers les structures d'accueil apporterait 500 millions d'euros supplémentaires aux budgets de protection de l'enfance sans coût supplémentaire pour l'État.
Dans plus de 80 % des placements, les prestations restent versées aux parents qui n'assument plus aucune charge réelle envers l'enfant, ce qui constitue une incohérence manifeste.
Le coût annuel moyen d'un enfant placé s'élève à 36 500 €, dont 87 % pour l'hébergement : les familles d'accueil supportent des charges importantes sans bénéficier des prestations prévues à cet effet.
Les dépenses départementales de protection de l'enfance progressent de 10 % par an ; les ressources des familles d'accueil et de l'ASE doivent suivre cette hausse.
L'allocation de rentrée scolaire est explicitement destinée à couvrir des dépenses scolaires immédiates ; la consigner jusqu'à la majorité la détourne de son objet initial.
Le taux de restitution du pécule ARS n'est que de 44 %, ce qui signifie que 56 % des jeunes concernés ne récupèrent jamais ces sommes faute d'information ou de démarches effectuées.
Le pécule ARS ne profite qu'aux enfants dont la famille est éligible à cette allocation, créant une inégalité entre enfants placés selon l'origine sociale de leurs parents.
Le placement étant une mesure de dernier recours réservée aux situations les plus graves, les parents visés n'assurent plus dans la majorité des cas aucune prise en charge effective.
La réforme renforcerait la responsabilité parentale en liant clairement le versement des prestations à la prise en charge effective de l'enfant.
Prévoir une révision de la pension alimentaire lors du placement évite les situations absurdes où elle continue d'être versée entre parents alors que l'enfant est confié à un tiers.
✕ CONTRE10
Réduire les ressources financières de familles déjà précaires risque de rendre le retour de l'enfant à son foyer impossible ou plus difficile.
La suppression du mécanisme de consignation à la Caisse des dépôts prive les jeunes sortant de l'ASE d'un pécule constitué sur plusieurs années pour financer leur entrée dans la vie adulte.
Le juge des enfants doit conserver une pleine liberté d'appréciation pour décider du maintien des allocations aux parents selon la situation individuelle de chaque famille.
La rédaction initiale ne retient que la charge matérielle comme critère, ignorant la dimension morale et affective de la relation parent-enfant pourtant reconnue par le droit.
Supprimer la possibilité pour le juge de se saisir d'office fragilise la protection des familles les plus vulnérables, qui ne disposent pas toujours des ressources pour saisir elles-mêmes la juridiction.
Le transfert d'une part du RSA aux tiers pose des problèmes d'applicabilité majeurs, le RSA n'étant pas une prestation familiale mais un revenu minimum garanti.
Diminuer le RSA d'une famille précaire peut aggraver la situation des frères et sœurs non placés qui restent au foyer.
Conditionner le maintien des allocations à la saisine du président du conseil départemental introduit un acteur administratif dans une décision qui devrait rester exclusivement judiciaire.
L'absence de prise en compte des placements d'urgence provisoires (art. 375-5 du code civil) pourrait entraîner des transferts de prestations pour des mesures conservatoires de très courte durée.
Les trois articles principaux ont été supprimés en commission par une coalition de groupes de gauche et du centre-gauche, témoignant d'un désaccord profond sur la philosophie du texte.

Résumé des articles· 4 articles

Art. 1

Inverse la règle de versement des allocations familiales lors d'un placement : elles sont versées par défaut au tiers accueillant l'enfant, le juge ne pouvant les maintenir aux parents que s'il est établi que ce tiers n'assume pas exclusivement la charge matérielle de l'enfant.

Art. 2

Supprime le mécanisme de consignation de l'allocation de rentrée scolaire à la Caisse des dépôts et consignations et prévoit son versement direct à la personne ou au service qui prend en charge l'enfant placé.

Voir les positions
Art. 3

Prévoit que la majoration du revenu de solidarité active (RSA) correspondant à un enfant placé est versée au tiers ou au service qui l'accueille, et non maintenue à la famille biologique.

Voir les positions
Art. 4

Prévoit les dispositions de compensation financière pour l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale, par majoration de l'accise sur les tabacs.

Voir les positions
Art. 1

Inverse la règle de versement des allocations familiales lors d'un placement : elles sont versées par défaut au tiers accueillant l'enfant, le juge ne pouvant les maintenir aux parents que s'il est établi que ce tiers n'assume pas exclusivement la charge matérielle de l'enfant.

Art. 2

Supprime le mécanisme de consignation de l'allocation de rentrée scolaire à la Caisse des dépôts et consignations et prévoit son versement direct à la personne ou au service qui prend en charge l'enfant placé.

Voir les positions
Art. 3

Prévoit que la majoration du revenu de solidarité active (RSA) correspondant à un enfant placé est versée au tiers ou au service qui l'accueille, et non maintenue à la famille biologique.

Voir les positions
Art. 4

Prévoit les dispositions de compensation financière pour l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale, par majoration de l'accise sur les tabacs.

Voir les positions
AN1ère lecture
le 17 févr. 2026

Discussion en cours

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