En discussion depuis le 16 octobre 2023
Question abordée
Faut-il créer une infraction pénale spécifique d'« homicide routier » pour mieux reconnaître la gravité des drames causés par des conducteurs ayant adopté un comportement délibérément dangereux ?
Présentation du texte
Cette proposition de loi, déposée en octobre 2023, répond à une demande ancienne des associations de victimes de la route : que la mort ou les blessures graves causées par un conducteur ayant pris des risques délibérés (alcool, stupéfiants, grand excès de vitesse, téléphone au volant, absence de permis…) ne soient plus qualifiées d'« homicide involontaire » mais d'« homicide routier ». La distinction vise à mieux refléter la réalité de la faute : si le décès n'était pas voulu, le comportement dangereux à l'origine, lui, était bien volontaire. Concrètement, le texte crée trois nouvelles infractions autonomes dans le code pénal : l'homicide routier, les blessures routières entraînant une incapacité de travail supérieure à trois mois, et celles entraînant une incapacité inférieure ou égale à trois mois. Ces infractions ne sont constituées que lorsqu'au moins une circonstance aggravante est présente (alcool, stupéfiants, grand excès de vitesse, délit de fuite, téléphone tenu en main, conduite sans permis, etc.). Hors circonstance aggravante, les qualifications d'homicide involontaire et d'atteinte involontaire à la personne continuent de s'appliquer. Le texte renforce également les peines complémentaires : annulation obligatoire du permis de conduire pour tout homicide routier ou blessures graves, confiscation obligatoire du véhicule en cas de récidive ou de conduite sans permis, obligation d'un éthylotest anti-démarrage pour les condamnés en état d'ivresse. Il étend aussi la possibilité de saisir un véhicule appartenant à un tiers qui savait que le conducteur était ivre, drogué ou dépourvu de permis. L'article 2 assure la mise en cohérence des autres codes (pénal, fiscal, de procédure pénale, de la route, des transports) avec les nouvelles références créées par l'article 1er.
Crée trois nouvelles infractions pénales autonomes dans le code pénal — homicide routier (art. 221-19), blessures routières avec ITT > 3 mois (art. 221-20) et blessures routières avec ITT ≤ 3 mois (art. 221-21) —, définit sept circonstances aggravantes et établit un régime de peines complémentaires dont certaines sont obligatoires (art. 221-22).
Met en cohérence le code général des impôts, le code pénal, le code de procédure pénale, le code de la route et le code des transports en y ajoutant les références aux nouveaux articles 221-19, 221-20 et 221-21.
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