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Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions

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Mar. 7 juil.
43%
Pour
Proposition de loiEn commission

Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions

Institutions

Déposée par Éric Pauget

En discussion depuis le 2 décembre 2024

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Porteur du texte

Éric PaugetDroite Républicaine

Parcours de la loi

🔍

Examen en commission

SN1ère lecture
Saisie le 7 juil. 2026
📄

Dépôt du texte

SN1ère lecture
le 7 juil. 2026
🏛️

Séance plénière

13
Séances3
Le texte
Amendements604
Statistiques

Vote AN

✓ Adopté

313 pour · 199 contre

Résultats →

Question abordée

Faut-il instaurer une présomption de légitime défense au bénéfice des policiers et gendarmes qui font usage de leur arme dans l'exercice de leurs fonctions ?

Présentation du texte

Cette proposition de loi, portée par Éric Pauget, est examinée par la commission des lois. Elle vise à reconnaître une présomption renforcée de légitime défense pour les forces de l'ordre lorsqu'elles utilisent leur arme. Son article unique insère un article 122-6-1 dans le code pénal : seraient présumés avoir agi en état de légitime défense les agents de la police nationale ou municipale et les militaires de la gendarmerie qui font usage de leur arme dans les conditions déjà prévues par les articles L. 435-1 et L. 511-5-1 du code de la sécurité intérieure. Cette présomption serait réfragable : elle pourrait être renversée si l'enquête démontre un usage manifestement disproportionné ou contraire au principe de nécessité absolue. Les auteurs invoquent la hausse des violences contre les forces de l'ordre, une attente forte des syndicats de police et de gendarmerie, et la volonté de réduire une « judiciarisation » perçue comme un frein à l'action. Le dispositif s'inspire d'exemples étrangers, notamment l'Italie. Le texte est très contesté : la gauche (La France insoumise, Écologiste et Social, Socialistes, Gauche démocrate et républicaine) y voit un risque de « permis de tuer » contraire au principe de nécessité absolue et de proportionnalité de l'usage de la force. En commission, des amendements de suppression de l'article unique ont d'ailleurs été adoptés, tandis que la Droite républicaine cherchait au contraire à étendre le dispositif (douanes, autres agents).

Les arguments

Mieux protéger juridiquement policiers et gendarmes face à des violences croissantes.
Répondre à une attente forte des syndicats de police et de gendarmerie.
Réduire une judiciarisation perçue comme un frein à l'action des forces de l'ordre.
Sécuriser l'usage de l'arme dans le cadre déjà strict des articles L. 435-1 et L. 511-5-1 du code de la sécurité intérieure.
Restaurer la confiance et la sérénité dans l'exercice des missions.
S'inspirer d'exemples européens, notamment l'Italie.
Reconnaître la réalité des risques encourus en intervention.
Maintenir une présomption réfragable, renversable par l'enquête judiciaire.
Rechercher un rééquilibrage entre protection des agents et État de droit.
Offrir un cadre clair pour réagir aux menaces les plus graves.
Soutenir le moral et l'engagement des forces de l'ordre.
Risque de « permis de tuer » et d'un usage moins maîtrisé des armes.
Contradiction avec le principe de nécessité absolue et de proportionnalité (article 2 de la CEDH).
La légitime défense doit s'apprécier au cas par cas, non par présomption générale.
Risque d'affaiblir le contrôle judiciaire de l'usage de la force létale.
Atteinte possible à l'égalité devant la loi pénale.
Un contexte sensible, marqué par un nombre élevé de tirs lors de refus d'obtempérer.
Préférer le renforcement de la formation continue au tir et aux techniques d'intervention.
Risque de censure constitutionnelle ou de condamnation par la CEDH.
Texte jugé électoraliste par une partie de l'opposition.
Le cadre actuel (L. 435-1) encadre déjà l'usage des armes.
Risque de dégrader la relation entre la police et la population.
Difficulté à définir « manifestement disproportionné » au stade de l'enquête.
L'article unique a été supprimé en commission, signe d'un fort désaccord.
Crainte d'un recul des garanties pour les citoyens.
✓ POUR11
Mieux protéger juridiquement policiers et gendarmes face à des violences croissantes.
Répondre à une attente forte des syndicats de police et de gendarmerie.
Réduire une judiciarisation perçue comme un frein à l'action des forces de l'ordre.
Sécuriser l'usage de l'arme dans le cadre déjà strict des articles L. 435-1 et L. 511-5-1 du code de la sécurité intérieure.
Restaurer la confiance et la sérénité dans l'exercice des missions.
S'inspirer d'exemples européens, notamment l'Italie.
Reconnaître la réalité des risques encourus en intervention.
Maintenir une présomption réfragable, renversable par l'enquête judiciaire.
Rechercher un rééquilibrage entre protection des agents et État de droit.
Offrir un cadre clair pour réagir aux menaces les plus graves.
Soutenir le moral et l'engagement des forces de l'ordre.
✕ CONTRE14
Risque de « permis de tuer » et d'un usage moins maîtrisé des armes.
Contradiction avec le principe de nécessité absolue et de proportionnalité (article 2 de la CEDH).
La légitime défense doit s'apprécier au cas par cas, non par présomption générale.
Risque d'affaiblir le contrôle judiciaire de l'usage de la force létale.
Atteinte possible à l'égalité devant la loi pénale.
Un contexte sensible, marqué par un nombre élevé de tirs lors de refus d'obtempérer.
Préférer le renforcement de la formation continue au tir et aux techniques d'intervention.
Risque de censure constitutionnelle ou de condamnation par la CEDH.
Texte jugé électoraliste par une partie de l'opposition.
Le cadre actuel (L. 435-1) encadre déjà l'usage des armes.
Risque de dégrader la relation entre la police et la population.
Difficulté à définir « manifestement disproportionné » au stade de l'enquête.
L'article unique a été supprimé en commission, signe d'un fort désaccord.
Crainte d'un recul des garanties pour les citoyens.

Résumé des articles· 1 article

Art. unique

Insère un article 122-6-1 dans le code pénal présumant en état de légitime défense l'agent de police (nationale ou municipale) ou le militaire de la gendarmerie ayant fait usage de son arme dans les conditions des articles L. 435-1 et L. 511-5-1 du code de la sécurité intérieure ; cette présomption peut être renversée si l'enquête établit un usage manifestement disproportionné ou contraire au principe de nécessité absolue.

Voir les positions
Art. unique

Insère un article 122-6-1 dans le code pénal présumant en état de légitime défense l'agent de police (nationale ou municipale) ou le militaire de la gendarmerie ayant fait usage de son arme dans les conditions des articles L. 435-1 et L. 511-5-1 du code de la sécurité intérieure ; cette présomption peut être renversée si l'enquête établit un usage manifestement disproportionné ou contraire au principe de nécessité absolue.

Voir les positions
AN
1ère lecture
adopté
Du 22 janv. 2026 au 7 juil. 2026
🔍

Examen en commission

AN1ère lecture
Saisie le 3 déc. 2024· Rapport le 14 janv. 2026
📄

Dépôt du texte

AN1ère lecture
le 3 déc. 2024
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Discussion en cours · 13 participations

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TextePrésomption de légitimité : danger juridique
I
Isabelle FontaineBas-Rhin
4 juil. 2026

Ce texte me met mal à l'aise, sans que je sois systématiquement opposée à une meilleure protection des forces de l'ordre. Le principe même d'une présomption, renverser la charge de la preuve, me semble juridiquement problématique : on présume l'innocence, pas la légitimité d'un acte potentiellement fatal. Je comprends que les policiers travaillent sous pression et méritent un cadre clair, mais la réponse ne peut pas être de fragiliser le contrôle judiciaire. Ce qu'il faut, c'est une formation renforcée à la gestion des situations de crise et des procédures d'enquête plus rapides et plus transparentes, pas une immunité de fait.

0
TextePrésomption de défense : blanc-seing ?
M
Mamadou DialloLa Réunion
4 juil. 2026

J'ai voté contre. Une présomption de légitime défense, ça renverse la logique du droit, c'est à l'accusé de prouver son innocence, là ? Chez nous à La Réunion, on a connu des violences policières mal gérées, des familles qui ont jamais eu de réponse. Je respecte les policiers qui font bien leur travail, mais cette loi protège les abus autant que les agents. La justice, ça doit regarder chaque situation, pas accorder un blanc-seing à l'avance.

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TexteImpunité policière, État de droit bafoué
S
Sophie GarnierRhône
4 juil. 2026

Une présomption de légitime défense, c'est renverser des siècles de construction juridique pour offrir une impunité de facto à des agents déjà dotés d'un arsenal législatif conséquent. Ce texte ne protège pas les forces de l'ordre, il les soustrait à la justice. Dans un contexte où les violences policières sont documentées et les victimes rarement entendues, voter cette loi, c'est envoyer un signal terrifiant aux quartiers populaires, aux jeunes racisés, à toutes celles et ceux qui subissent déjà des contrôles au faciès. L'État de droit ne peut pas fonctionner à deux vitesses. J'ai voté contre, sans hésitation.

0
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