Déposée par Erwan Balanant
En discussion depuis le 20 janvier 2025
Question abordée
Comment obliger les grandes plateformes numériques à rémunérer équitablement les éditeurs et agences de presse pour l'utilisation de leurs contenus en ligne ?
Présentation du texte
Depuis 2019, une loi française, issue d'une directive européenne, reconnaît aux éditeurs et agences de presse un « droit voisin » : les grands acteurs du numérique (Google, Meta, etc.) qui réutilisent leurs articles ou extraits doivent les rémunérer. En pratique, l'application de ce droit s'est révélée très difficile : Google a été sanctionné à quatre reprises par l'Autorité de la concurrence en quatre ans, pour des amendes cumulées de 750 millions d'euros, sans que la situation ne s'améliore structurellement. Le constat économique est préoccupant : selon une étude de l'Arcom et du ministère de la Culture publiée en 2024, les revenus des médias d'information pourraient tomber à 5,3 milliards d'euros en 2030 contre 7,3 milliards en 2012, tandis que les grandes plateformes capteraient 65 % du marché publicitaire. Les éditeurs et agences de presse sont ainsi contraints de mener de longues et coûteuses batailles judiciaires pour négocier leurs droits. Cette proposition de loi, déposée par le député Erwan Balanant, vise à rééquilibrer le rapport de force. Elle propose trois mesures principales : obliger les plateformes à fournir les données nécessaires aux négociations (sous peine d'amende pouvant atteindre 2 % de leur chiffre d'affaires mondial), protéger l'affichage des contenus de presse pendant les négociations, et créer une procédure de médiation puis d'arbitrage par l'Autorité de la concurrence en cas de blocage prolongé. Le texte a été amendé en commission et en séance : des clarifications rédactionnelles ont été apportées par le groupe Les Démocrates, et une disposition du groupe Écologiste et Social prévoyant une part minimale de 25 % pour les journalistes dans la répartition des droits voisins a été adoptée en commission puis supprimée en séance.
Renforce les obligations des plateformes numériques en matière de transmission d'informations aux éditeurs et agences de presse, crée une amende jusqu'à 2 % du chiffre d'affaires mondial en cas de refus ou de transmission partielle, interdit toute restriction de l'affichage des contenus pendant les négociations, et instaure une procédure de médiation puis d'arbitrage par l'Autorité de la concurrence en cas d'absence d'accord au bout d'un an.
Précise que les sanctions prévues en matière de droits voisins s'appliquent sans préjudice des règles du droit de la concurrence.
Voir les positionsCompense la charge financière pour l'État par la création d'une taxe additionnelle sur les tabacs.
Vous
Créez un compte pour participer à la discussion.