Vote AN
✓ Adopté
295 pour · 232 contre
Question abordée
Faut-il créer un droit encadré à l'aide à mourir pour les personnes majeures atteintes d'une affection grave et incurable qui engage leur pronostic vital ?
Présentation du texte
Cette proposition de loi « relative au droit à l'aide à mourir » est examinée par l'Assemblée nationale en nouvelle lecture, après avoir été rejetée par le Sénat en deuxième lecture. Elle inscrit dans le code de la santé publique un droit à l'aide à mourir, recouvrant à la fois le suicide assisté et, lorsque la personne ne peut pas s'administrer elle-même la substance létale, son administration par un médecin ou un infirmier. L'accès est strictement conditionné : être majeur, de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France, être atteint d'une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, présenter une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable (la souffrance psychologique seule étant exclue), et être apte à exprimer une volonté libre et éclairée. La procédure est détaillée : la demande est adressée à un médecin qui n'est pas un proche, hors téléconsultation ; le médecin informe la personne sur son état, les traitements et les soins palliatifs disponibles, propose une orientation psychologique et rappelle la possibilité de renoncer à tout moment. La décision repose sur une évaluation médicale et collégiale, encadrée par des délais. Le texte institue une commission de contrôle et d'évaluation et crée un délit d'entrave à l'aide à mourir. C'est l'un des textes les plus clivants de la législature : plusieurs milliers d'amendements ont été déposés. L'opposition au texte (Droite Républicaine, Rassemblement national, une partie d'Ensemble pour la République, Les Démocrates) a multiplié les amendements de suppression, estimant que donner la mort n'est pas un soin et redoutant des dérives ; les soutiens (La France insoumise, Socialistes et apparentés notamment) ont cherché à renforcer l'autonomie du patient (choix du mode d'administration, refus de soins palliatifs non bloquant) et à sécuriser l'accès par le délit d'entrave.
Modifie l'intitulé du chapitre du code de la santé publique pour y intégrer l'expression de la volonté et la fin de vie.
Voir les positionsCrée le droit à l'aide à mourir — recours à une substance létale auto-administrée ou, à défaut, administrée par un médecin ou un infirmier — et l'irresponsabilité pénale des soignants qui y concourent.
Voir les positionsInscrit le droit à une information adaptée sur l'aide à mourir dans le code de la santé publique.
Voir les positionsFixe les conditions cumulatives d'accès (majeur, affection grave et incurable, pronostic vital engagé en phase avancée ou terminale, souffrance réfractaire ou insupportable hors souffrance psychologique seule, volonté libre et éclairée).
Voir les positionsOrganise la procédure de demande — formulation écrite à un médecin non proche hors téléconsultation, information complète sur l'état de santé et les alternatives, possibilité de renoncer à tout moment.
Voir les positionsExamen en commission
Dépôt du texte
Séance plénière
Examen en commission
Dépôt du texte
Examen en commission
Dépôt du texte
Séance plénière
Examen en commission
Dépôt du texte
Examen en commission
Dépôt du texte
Séance plénière
Examen en commission
Dépôt du texte
⚖️
Cette loi est en vigueur
Promulguée et publiée au Journal Officiel
J'ai voté contre. Ce n'est pas à l'État de donner la mort, c'est contraire à tout ce qu'il représente. Et j'ai trop vu dans ma carrière des gens vulnérables se faire influencer, là c'est pareil, on va nous dire que c'est libre et éclairé, mais dans la réalité ? Qui surveille vraiment ? Personne. Les soins palliatifs d'abord, c'est ça la priorité.
J'ai travaillé trente ans dans les soins palliatifs, et je peux vous dire qu'on sait accompagner les gens dignement sans aller jusque-là. Ce qui manque, c'est des moyens pour ces unités , pas une loi pour abréger la vie. Ça me fait peur, cette idée qu'on va demander à des infirmiers et des médecins de donner la mort, c'est contre tout ce pour quoi on s'est battus. Et je connais la pression que peuvent ressentir les personnes âgées, qui se croient un fardeau , on ouvre une porte qu'on ne pourra plus refermer. J'ai voté contre, et je n'en ai pas honte.