Déposée par Laure Miller
En discussion depuis le 15 septembre 2025
Question abordée
Les victimes de violences sexuelles doivent-elles être automatiquement informées et protégées lors de la remise en liberté de leur agresseur ?
Présentation du texte
En mars 2025, Yanis, un adolescent de 17 ans, a mis fin à ses jours après avoir appris de manière informelle — par son père, lui-même prévenu par une connaissance — que l'homme qui l'avait agressé sexuellement venait d'être libéré. Cet agresseur, condamné à deux reprises pour des faits similaires, résidait à moins de trois kilomètres de son domicile. Ni Yanis ni ses proches n'avaient été prévenus officiellement. Cette tragédie a mis en lumière un vide juridique grave : le droit français ne prévoit aucune obligation systématique d'informer les victimes de la libération de leur agresseur. Actuellement, l'article 707 du code de procédure pénale ne prévoit qu'une possibilité d'information à la demande de la victime, sans obligation pour l'institution judiciaire. Cette proposition de loi, déposée par plus d'une centaine de députés, vise à transformer ce droit optionnel en obligation automatique. Elle traduit en mesure législative la recommandation n° 58 de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE), publiée en novembre 2023. Le texte s'organise en deux chapitres. Le premier renforce la protection des victimes en imposant leur information avant toute libération et en prévoyant des interdictions systématiques de contact, de paraître et de résider à proximité de la victime. Le second crée un guichet unique national chargé de coordonner l'ensemble des acteurs — magistrats, police, services sociaux, associations — et d'orienter les victimes vers les soins adaptés.
Crée une obligation automatique d'informer toute victime d'une infraction visée à l'article 706-47 CPP de la remise en liberté de son agresseur, ainsi que des interdictions et obligations prononcées à son encontre, y compris à l'égard de la partie civile ou des ayants droit.
Impose au juge de l'application des peines ou au SPIP d'informer la victime avant toute communication publique sur la libération, lui accorde 15 jours pour présenter des observations, et prévoit des interdictions systématiques de contact, de paraître et de résider à proximité de la victime, sauf décision contraire spécialement motivée.
Voir les positionsInstitue un guichet unique national de suivi des victimes, placé sous l'autorité de la délégation interministérielle à l'aide aux victimes, chargé de veiller à l'application des mesures de protection, d'assurer la liaison entre les institutions et d'orienter les victimes vers les soins adaptés.
Voir les positionsCompense la charge financière pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.
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