Vote AN
✓ Adopté
351 pour · 179 contre
Question abordée
Faut-il renforcer les pouvoirs de police administrative et les sanctions pour répondre rapidement aux atteintes à l'ordre public et à la « délinquance du quotidien » ?
Présentation du texte
Ce projet de loi du Gouvernement, adopté par le Sénat en procédure accélérée puis examiné par la commission des lois, est un texte de sécurité « omnibus » visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité des citoyens. Il a donné lieu à un volume d'amendements considérable (plus de 700). Le Titre Ier, consacré aux nuisances et à la délinquance du quotidien, permet au préfet d'ordonner la fermeture administrative (jusqu'à six mois) des établissements liés à l'usage détourné de produits explosifs et de mortiers d'artifice, renforce l'encadrement des rassemblements festifs musicaux illégaux (rave et free parties) — délictualisation de l'organisation, abaissement du seuil de déclaration — et complète la lutte contre les occupations illicites. Le Titre II durcit la réponse à la consommation de stupéfiants (amendes forfaitaires délictuelles, peines complémentaires) et élargit les échanges d'informations entre le parquet et les services de renseignement. Le Titre III renforce les pouvoirs des maires et des préfets sur les débits de boissons et établissements de nuit, vise les commerces « gris » servant de couverture à des trafics, la sécurité dans les enceintes sportives et la protection des commissaires de justice. Le Titre IV regroupe des dispositions diverses, d'application et d'outre-mer. Le texte est très clivant : la gauche (La France insoumise, Socialistes, Écologiste et Social, Gauche démocrate et républicaine) dénonce une logique répressive et l'extension des pouvoirs préfectoraux, tandis que la Droite républicaine et le Rassemblement national cherchent à durcir davantage le dispositif.
Permet au préfet d'ordonner la fermeture administrative jusqu'à six mois des établissements liés à l'usage détourné de produits explosifs ou mortiers d'artifice, instaure une procédure de dessaisissement de ces produits et crée une amende forfaitaire délictuelle pour leur détention illicite.
Voir les positionsDélictualise l'organisation de rassemblements festifs musicaux illégaux (rave-parties) et crée un délit de participation passible d'une amende forfaitaire délictuelle, abaisse les seuils déclenchant l'obligation de déclaration préalable.
Voir les positionsPermet au préfet de mettre à la charge des organisateurs d'un rassemblement festif illégal les frais exposés par les forces de l'ordre lors de l'intervention, ainsi que les coûts de remise en état des terrains occupés.
Voir les positionsInstaure un régime de responsabilité solidaire des organisateurs d'un rassemblement festif non déclaré pour l'ensemble des dommages causés à l'occasion de l'événement.
Crée de nouvelles infractions pénales pour les troubles causés lors des courses hippiques dans les hippodromes, sanctionnées par amende forfaitaire délictuelle.
Voir les positionsDépôt du texte
Séance plénière
Examen en commission
Dépôt du texte
Un texte liberticide présenté comme une réponse à la "délinquance du quotidien", comme si la répression administrative sans juge suffisait à régler des problèmes qui sont d'abord sociaux et économiques. On renforce les pouvoirs de police, on étend les sanctions, mais on ne pose jamais la question des moyens donnés aux services publics, à l'éducation, au travail social. L'ordre public ne se décrète pas, il se construit, et cette loi "omnibus" adoptée en procédure accélérée, avec 700 amendements entassés, ressemble davantage à un fourre-tout sécuritaire qu'à une politique cohérente. J'ai voté contre.