Projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens
N° JO
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Session
Première session extraordinaire 2026
Compte rendu
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Vidéo
● Oui
Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet
Compte rendu en cours de publication
Intervenants les plus actifs
La séance est ouverte.
Le 24 mai, l’annonce du décès de notre collègue Béatrice Bellamy a soulevé sur nos bancs une onde de choc et d’émotion. Une émotion profonde, poignante, sincère. Une émotion qui, dans un même et digne recueillement, a transcendé tous les clivages. Ici même, devant la représentation nationale, vous aviez trouvé les mots justes, monsieur le président Marcangeli, en rappelant que « Béatrice Bellamy témoigne de ce qui est beau dans l’action publique ». C’est cette beauté de l’action, cette énergie lumineuse et généreuse au service des Vendéens et de la France que l’Assemblée nationale honore aujourd’hui.De Béatrice Bellamy, nous retiendrons cette passion permanente, fervente, ardente : la passion de l’engagement. Un altruisme qu’elle portait, littéralement, dans le sang. Ayant grandi à Cugand, elle fut marquée et inspirée par l’exemple de ses parents, Marie-Thérèse, infirmière, et Gilles, médecin de campagne. C’est ce lien charnel avec le monde du soin, cette empathie, qui guidèrent sa vie professionnelle, d’abord comme préparatrice en pharmacie, puis, durant vingt-cinq ans, dans l’industrie pharmaceutique – de la phytothérapie à Cahors jusqu’à ses hautes fonctions de directrice régionale de l’ouest de la France chez Sanofi.Partout où elle passait, du Sud-Ouest à la Vendée, Béatrice Bellamy nouait des amitiés indéfectibles. Chacun aimait sa personnalité courageuse, volontaire, souriante et toujours bienveillante. Cet altruisme, ce dynamisme et cette irremplaçable culture du terrain, Béatrice Bellamy les défendit sur les bancs de l’Assemblée, dès sa première élection en 2022.Au Palais-Bourbon, elle s’imposa comme la voix incontournable, écoutée et respectée du monde du sport. Si elle l’aimait tant, c’est d’abord parce qu’elle en incarnait les valeurs : la combativité, le dépassement de soi, l’esprit d’équipe. C’est aussi parce qu’elle en était une ardente pratiquante. En adepte de la marche nordique, elle parvenait encore au début de son mandat à se lever à l’aube, le week-end, pour arpenter les sentiers.C’est donc avec bonheur et conviction que Béatrice Bellamy s’engagea, au sein de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, en faveur du sport santé et de l’inclusion. Elle fut aussi rapporteure pour avis du projet de loi relatif à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et rapporta celui sur les Jeux d’hiver de 2030. Son engagement s’illustra également dans le combat transpartisan acharné qu’elle mena contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport, aux côtés de Sabrina Sebaihi.Ce dévouement sans faille, elle l’appliqua avec la même rigueur à un autre de ses engagements, en faveur de l’accès aux soins, et coprésida le groupe d’études sur les déserts médicaux.Personnifiant la société de l’engagement, elle savait ce que la France doit à ses associations et à ses bénévoles. C’est pour eux qu’elle se battit lors de l’examen de la proposition de loi visant à soutenir l’engagement associatif, afin de faciliter le mécénat de compétences.En somme, Béatrice Bellamy était une députée exemplaire et d’excellence, une députée passionnée et passionnante, une députée loyale, humble et travailleuse ; une députée qui nous manque tant aujourd’hui, comme elle manque tant aux habitants de la deuxième circonscription de la Vendée, de La Roche-sur-Yon à Chantonnay, de Talmont-Saint-Hilaire aux Achards.Car Béatrice Bellamy était aussi une élue locale engagée, enracinée, authentique, qui avait fait de la proximité et de la disponibilité ses deux maîtres mots. Sa vie politique commença à seulement 23 ans, lorsqu’elle fut élue conseillère municipale à Cugand. Après une parenthèse pour se consacrer à ses deux garçons, Pierre et Jean, elle replongea dans le bain de la vie publique en 2008, à La Roche-sur-Yon. D’abord, comme conseillère municipale, puis comme conseillère déléguée aux événements sportifs dans l’équipe du maire Luc Bouard, où elle défendit le sport comme vecteur précieux pour la prévention et l’inclusion. C’est ainsi qu’elle sillonna les terrains de sport yonnais pendant douze ans : les compétitions, les 230 manifestations sportives annuelles remplissaient ses week-ends.Au Hogly, le club de hockey sur glace où jouait son fils, elle continuait, même députée, à tenir la buvette les soirs de match. Et à ceux qui s’étonnaient de voir une parlementaire servir au bar, elle répondait avec son légendaire sourire : « Mais si, c’est exactement la place d’un député, de vous servir et de vous écouter ! » C’était aussi cela, Béatrice Bellamy : l’humilité, la proximité, l’écoute.C’était aussi l’engagement en faveur du tissu associatif, elle qui donna naissance en 2015 à La Joséphine : cette course solidaire, 100 % féminine, au profit de la lutte contre le cancer du sein, est devenue le symbole d’une immense vague rose de solidarité, rassemblant plus de 23 000 participants chaque année et essaimant jusqu’au Canada et au Sénégal. Cette course lui ressemble tant : volontaire, joyeuse, engagée, fédératrice.Car Béatrice Bellamy, c’était aussi une façon d’être en politique. Elle était, pour reprendre vos mots, cher Didier Bellamy, une incarnation de la joie de vivre. Rares sont ceux qui la virent un jour élever la voix. Après tout, comme elle le disait, la politique, c’est d’abord savoir écouter l’autre pour l’intérêt général. Elle ne recherchait jamais la lumière. Pourtant, partout où elle passait, elle éclairait les autres. Telle était Béatrice Bellamy : toujours douée d’une énergie positive et communicative, toujours bienveillante et solaire.Et, bien sûr, toujours d’un amour infini pour les trois hommes de sa vie. Ses deux fils, ses deux fiertés : Pierre, qui soutiendra sa thèse de médecine en septembre, poursuivant ainsi la tradition familiale ; Jean, qui achève brillamment son école de journalisme. Didier, son époux, son compagnon d’amour et d’art, avec qui elle n’eut de cesse de parcourir les expositions, de fréquenter les théâtres – en fidèle du Festival d’Avignon – ou les salles de concert, elle qui avait vu cinq fois les Rolling Stones.Pugnace et pudique sur son cancer, Béatrice Bellamy fut une députée engagée jusqu’à son dernier souffle. Pour citer ici son fidèle trio, Joséphine, Maximilien et Sophie, « femme forte elle était, femme forte elle est restée ». Lors des cérémonies du 8 mai dernier, épuisée par la maladie, mais digne, debout, ceinte de cette écharpe tricolore qu’elle était si fière de porter, elle prononça son dernier discours, dans sa circonscription, au Martinet. Une intervention d’une force inouïe sur la transmission de la mémoire et la résilience de notre nation. Par une poignante symétrie, l’un de ses tout derniers actes de députée aura été de signer un courrier adressé à la ministre des sports pour sa grande cause, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.Mes chers collègues, il y a un an, jour pour jour, nous apprenions la disparition d’Olivier Marleix. Aujourd’hui, nous honorons la mémoire de Béatrice Bellamy. Les causes, les engagements, les destins de chacun sont différents. Mais ces moments de douleur, d’affliction, nous font ressentir, au-delà de tous nos clivages, que nous appartenons à une même famille : la famille parlementaire. Nous sommes souvent critiqués, régulièrement caricaturés, parfois conspués. Pourtant, des parcours comme celui de Béatrice Bellamy nous rappellent cette vérité essentielle : l’engagement politique en vaut la peine. Sa noblesse est de servir. Sa mission est de bâtir. Sa grandeur est d’unir.Lors du dernier au revoir à La Roche-sur-Yon, la famille de Béatrice Bellamy a fait jouer une chanson qui lui ressemblait tant : «» des Rolling Stones. Merci, chère Béatrice Bellamy, d’avoir été notre arc-en-ciel. Au nom de la représentation nationale, j’adresse nos pensées les plus émues à tous ses proches, spécialement à son mari Didier et à ses fils, Pierre et Jean, qui sont présents en tribune : qu’ils sachent que l’Assemblée nationale se tient à leurs côtés.J’adresse également mes pensées aux députés du groupe Horizons, au président Laurent Marcangeli, au député Dominique Paillat, dont Béatrice Bellamy appréciait tant la loyauté et l’engagement, et à tous ceux qui pleurent aujourd’hui une collègue et une amie.Mes chers collègues, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, en hommage à Béatrice Bellamy, je vous invite à observer une minute de silence.La parole est à M. Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons & indépendants.
C’est avec un sentiment mêlé de gratitude et de peine que je prends la parole devant vous. Gratitude, tout d’abord, que j’éprouve à l’idée d’avoir pu compter au sein du groupe auquel j’appartiens et que je préside une femme de conviction, une femme d’action, une femme dont les valeurs et l’attitude …
La parole est à M. le premier ministre.
Monsieur, messieurs, chère famille, chers amis, madame la présidente de l’Assemblée nationale, mesdames et messieurs les députés, monsieur le ministre Laurent Marcangeli, qu’il me soit permis, au nom du gouvernement, d’exprimer le mot du cœur, avec émotion, en saluant évidemment la mémoire de Béatri…