Déposée par Perrine Goulet
En discussion depuis le 10 mars 2025
Question abordée
Comment mieux protéger les enfants pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), en renforçant les contrôles des établissements, en clarifiant les compétences des juges et en garantissant l'égalité des droits entre tous les enfants placés ?
Présentation du texte
Depuis dix ans, le nombre d'enfants sous protection de l'ASE a augmenté de 20 %, atteignant 381 000 mesures en 2022, dont 208 000 enfants placés hors de leur domicile familial. Malgré trois lois votées en vingt ans, les acteurs de la protection de l'enfance font face à des manques chroniques : personnel insuffisant, contrôles trop espacés, coordination défaillante entre institutions et absence de suivi individualisé des enfants. Cette proposition de loi, issue de 16 auditions menées par la Délégation aux droits des enfants de l'Assemblée nationale, vise à corriger ces dysfonctionnements sur plusieurs fronts simultanément : renforcer la surveillance des établissements d'accueil, clarifier les rôles respectifs du juge des enfants et du juge aux affaires familiales, élargir les pouvoirs du procureur en situation d'urgence, et supprimer les inégalités de traitement entre enfants selon leur mode de placement. Le texte comporte huit articles touchant à la fois au code de l'action sociale et des familles, au code civil, au code de la santé publique, au code de l'organisation judiciaire et aux codes de la sécurité sociale et de l'éducation. Il vise également à favoriser les alternatives au placement en foyer, notamment l'accueil par un tiers digne de confiance, et à mieux accompagner les enfants placés jusqu'à leur insertion dans l'enseignement supérieur.
Interdit les établissements privés lucratifs dans la protection de l'enfance, impose des contrôles au moins tous les trois ans par les départements et l'État, et oblige les départements à informer le territoire d'accueil lors d'un placement hors département.
Réduit de cinq à trois ans la fréquence des contrôles des établissements d'accueil du jeune enfant (moins de 6 ans) et impose une majorité de contrôles inopinés.
Voir les positionsÉtend la compétence du juge des enfants aux questions de visite et d'hébergement pour les dossiers qu'il instruit, afin d'éviter les décisions contradictoires avec le juge aux affaires familiales.
Voir les positionsRenforce les pouvoirs du procureur en situation d'urgence via une ordonnance de protection provisoire, permet l'interdiction de contact entre l'enfant et des personnes désignées, et ouvre la possibilité de désigner un avocat pour l'enfant ; prévoit également la recherche du consentement de l'enfant avant tout droit de visite d'un parent violent.
Voir les positionsÉtend les mêmes droits à tous les enfants bénéficiant d'une mesure de protection, qu'ils soient placés en établissement, en famille d'accueil ou confiés à un tiers digne de confiance ou un accueillant bénévole.
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