En discussion depuis le 16 avril 2025
Question abordée
Faut-il créer des outils juridiques dédiés pour aider les travailleurs des services publics — soignants, enseignants, agents de sécurité… — à se loger près de leur lieu de travail dans les zones où le logement est rare et cher ?
Présentation du texte
Déposée à l'Assemblée nationale et examinée par la commission des affaires économiques, cette proposition de loi part d'un constat : de nombreux agents publics ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur emploi, ce qui allonge les trajets, dégrade leurs conditions de vie et alimente la crise d'attractivité de la fonction publique (hôpitaux, écoles, etc.). Contrairement aux salariés du privé, les agents publics ne disposent pas d'un équivalent d'Action Logement. Sans prétendre régler la crise générale du logement, le texte propose des mesures ciblées issues d'une concertation et du rapport « Loger les travailleurs des services publics » (avril 2024). L'objectif central est d'augmenter l'offre de logements accessibles aux agents publics, sans en retirer aux autres demandeurs, en mobilisant davantage le parc social et le foncier public. Concrètement, le texte modernise la « clause de fonction » liant un logement social à l'exercice d'un emploi (art. 1er), augmente les droits de réservation lors de cessions de terrains publics (art. 2), permet de mieux localiser les logements pour des métiers sensibles (art. 3), facilite la construction sur du foncier public (art. 4), sécurise la gestion déléguée du parc des employeurs publics (art. 5) et demande un rapport sur un futur « Action logement du secteur public » (art. 6). Le texte compte 7 articles, dont un gage financier. Il a été adopté en commission avec modifications.
Réécrit la « clause de fonction » (art. L. 442-7 du code de la construction et de l'habitation) pour conditionner certains logements sociaux à l'exercice d'un emploi public, en l'étendant aux trois versants de la fonction publique et aux entreprises publiques et en encadrant la fin du bail (préavis de deux mois, puis six mois pour quitter les lieux), avec des exceptions fixées par décret.
Permet à l'administration qui cède un terrain avec décote pour du logement social de réserver jusqu'à 50 % des logements du programme pour ses agents, voire 70 % en l'absence de garantie d'emprunt d'une collectivité, et autorise la délégation de ce contingent.
Voir les positionsSort de la « gestion en flux » (loi ELAN) les réservations de logements pour les douanes, les personnels de surveillance pénitentiaire et les entreprises de transport public en zones tendues, afin de mieux cibler la localisation des logements.
Voir les positionsAutorise, par décision motivée et sous conditions, des dérogations au plan local d'urbanisme pour construire des logements sur un foncier détenu par une personne publique.
Voir les positionsSécurise la possibilité, pour les employeurs publics, de déléguer à un tiers la gestion locative de leur parc, par dérogation au principe du monopole du comptable public.
Voir les positionsTrès concrètement, cet article ne va pas augmenter l’offre de logements sociaux, mais plutôt forcer un agent public à quitter son logement s’il devait changer de fonction. Si ce logement devient alors accessible à une autre personne, l’agent qui vient de le quitter sera de nouveau en recherche. Cela conditionne l’avenir résidentiel d’un travailleur à la volonté de son employeur puisque ce dernier aura la possibilité de choisir si la personne doit quitter son logement ou non. Ceci rendra les agents publics encore plus vulnérables. Perdre son emploi, ce sera perdre son salaire et son logement. Non seulement les travailleurs devront toujours attendre des années avant d'obtenir un logement social, mais en plus, ce bail sera précaire.