En discussion depuis le 13 novembre 2025
Question abordée
Comment mieux récupérer les avoirs criminels saisis et confisqués, et améliorer les conditions d'exercice des experts judiciaires pour renforcer l'efficacité de la justice pénale ?
Présentation du texte
L'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) est un établissement public chargé de gérer, pour le compte de la justice, les biens immobilisés lors de procédures pénales : voitures, immeubles, liquidités, cryptomonnaies, etc. Face à l'engorgement croissant de ses stocks et aux difficultés pratiques rencontrées lors de l'exécution des peines, cette proposition de loi, issue du Sénat, vise à moderniser ses outils juridiques et opérationnels. Le texte s'attaque à plusieurs problèmes concrets : la conservation coûteuse de biens de faible valeur encombrant les entrepôts judiciaires, les condamnés qui se soustraient à l'exécution de leurs peines en se rendant délibérément introuvables, ou encore la difficulté à liquider des actifs numériques comme les cryptomonnaies sans créer de contentieux sur leur valorisation. Il transpose également partiellement une directive européenne de 2024 sur le gel et la confiscation des avoirs criminels. Un volet distinct du texte traite des experts judiciaires — médecins légistes, ingénieurs, comptables, traducteurs — qui prêtent leur concours aux tribunaux. Ces professionnels libéraux dénoncent depuis longtemps des délais de paiement de leurs honoraires excessifs, parfois supérieurs à un an, qui découragent les vocations et fragilisent le bon fonctionnement de la justice. La proposition instaure un délai plafond assorti d'intérêts moratoires automatiques. Examinée en commission des lois de l'Assemblée nationale, la proposition a suscité de nombreux débats portant sur l'encadrement de la destruction des biens avant jugement, les garanties procédurales des mis en cause, la confiscation obligatoire et le niveau optimal du délai de paiement des experts.
Consacre la priorité de restitution à la victime pour les biens saisis lorsqu'elle en fait la demande et que la propriété n'est pas sérieusement contestée.
Oblige à informer les victimes, dans les décisions judiciaires pertinentes, de la possibilité de saisir l'AGRASC pour obtenir une indemnisation via l'article 706-164 du CPP, et étend cette mention à l'article 10-2 du CPP relatif à l'indemnisation des victimes.
Voir les positionsAutorise la destruction des biens saisis de faible valeur (inférieurs à 1 500 €) dès la phase pré-sentencielle, sans attendre le jugement définitif, pour réduire les coûts de gestion et libérer de la capacité de stockage.
Voir les positionsFacilite l'accès de certains organismes, notamment ceux chargés de la gestion d'espaces naturels ou de la lutte contre l'habitat indigne, à des biens saisis pour en assurer la gestion ou la valorisation.
Voir les positionsSupprime le caractère suspensif des recours contre les décisions exécutoires d'aliénation de biens saisis, et harmonise les délais de recours entre la phase d'enquête et la phase d'instruction.
Voir les positionsDépôt du texte
Séance plénière
Examen en commission
Dépôt du texte
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