Déposée par Sylvain Berrios
En discussion depuis le 16 février 2026
Question abordée
Faut-il conditionner la souscription d'un contrat d'électricité ou de gaz à la présentation d'un justificatif de droit d'occupation, afin d'empêcher les squatteurs de s'en servir pour ralentir les procédures d'expulsion ?
Présentation du texte
En 2022, plus de 6 000 occupations illicites de logements (communément appelées « squats ») ont été recensées en France, dont près de 2 000 en Île-de-France. Si ce phénomène reste quantitativement limité, il constitue une épreuve traumatisante pour les propriétaires concernés, qui subissent des préjudices matériels, financiers et psychologiques parfois durables. Depuis 1992, plusieurs lois successives ont renforcé les droits des propriétaires et simplifié les procédures d'expulsion. Malgré ces avancées, les procédures restent souvent longues. Or, certains occupants sans droit ni titre souscrivent des contrats d'énergie — sans y être légalement autorisés — pour invoquer ces contrats dans des démarches administratives ou judiciaires et ainsi retarder leur expulsion. Cette proposition de loi, déposée en février 2026, entend clarifier le cadre juridique en imposant aux fournisseurs d'électricité et de gaz naturel de vérifier, avant toute souscription, que le demandeur justifie d'un titre d'occupation légitime du logement (titre de propriété, bail, attestation du bailleur ou document équivalent). Elle ne remet pas en cause la continuité du service public de l'énergie pour les usagers de bonne foi. Le texte comporte deux articles : l'un créant l'obligation de vérification dans le code de la consommation, l'autre prévoyant les compensations financières habituelles pour l'État, les collectivités et la sécurité sociale.
Insère dans le code de la consommation un article L. 224-8-1 interdisant à un fournisseur d'électricité ou de gaz naturel de conclure un contrat de fourniture sans que le demandeur justifie d'un titre d'occupation légitime du logement concerné, les modalités d'application étant renvoyées à un décret en Conseil d'État.
Prévoit les compensations financières habituelles pour couvrir les éventuelles pertes de recettes ou charges pour l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale, par majoration de l'accise sur les tabacs ou de la dotation globale de fonctionnement.
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