Déposée par Benoît Biteau
En discussion depuis le 13 avril 2026
Question abordée
Faut-il interdire en France les engrais phosphatés contenant trop de cadmium pour protéger la santé des citoyens, notamment des enfants, même si cela va au-delà des normes européennes en vigueur ?
Présentation du texte
Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain depuis 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer. Il est présent dans les engrais minéraux phosphatés utilisés massivement en agriculture et s'accumule dans les sols, les plantes, puis dans notre alimentation quotidienne : pain, pâtes, pommes de terre, céréales du petit-déjeuner. Selon Santé Publique France, l'imprégnation moyenne des Français en cadmium a presque doublé entre 2006 et 2016, plaçant la France comme la population la plus contaminée de toute l'Union européenne. Les risques sanitaires sont multiples et documentés par plusieurs agences nationales et internationales : insuffisance rénale, déminéralisation osseuse, cancers (poumon, rein, foie, prostate, pancréas), perturbations endocriniennes, infertilité et effets néfastes sur le développement des nourrissons. Le rapport de l'ANSES de mars 2026 confirme une exposition prénatale significative et souligne que 36 % des enfants de moins de 3 ans dépassent déjà la dose journalière tolérable. Cette contamination est jugée d'autant plus inacceptable qu'elle résulte directement de choix politiques et économiques sur les intrants agricoles. Actuellement, la norme française autorise 90 mg de cadmium par kg d'anhydride phosphorique (P₂O₅) dans les engrais, soit un niveau supérieur à la limite européenne (60 mg/kg) et 4,5 fois au-dessus de ce que recommande l'ANSES (20 mg/kg). Cette proposition de loi vise à inscrire dans la loi une trajectoire de réduction contraignante : un premier palier à 40 mg/kg dès le 1er janvier 2027, puis un objectif final à 20 mg/kg au 1er janvier 2030, conformément aux préconisations de l'agence sanitaire nationale. Le texte, déposé par une large coalition de députés, s'appuie sur le principe de précaution constitutionnel et sur la faculté reconnue par le droit européen aux États membres d'adopter des normes nationales plus strictes en matière de santé publique. Il rappelle que les textes d'application prévus par la loi AGEC de 2020 n'ont toujours pas été publiés, et que des alternatives techniquement et économiquement accessibles existent déjà.
Insertion dans le code rural et de la pêche maritime d'un article L. 255-2-1 interdisant l'importation, la vente et l'utilisation des engrais phosphatés inorganiques ou organo-minéraux dont la teneur en cadmium dépasse 40 mg/kg P₂O₅ à partir du 1er janvier 2027, puis 20 mg/kg P₂O₅ à partir du 1er janvier 2030.
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