Déposée par le Gouvernement
En discussion depuis le 26 avril 2026
Question abordée
Faut-il inscrire dans la Constitution un statut d'autonomie pour la Corse, lui permettant d'adapter et d'édicter certaines normes, dans le respect de l'indivisibilité de la République ?
Présentation du texte
Ce projet de loi constitutionnelle, présenté par le Gouvernement (Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, Françoise Gatel), a été adopté par l'Assemblée nationale et est désormais examiné au Sénat. Il est l'aboutissement d'un processus engagé en 2022 avec les élus de Corse : délibération de l'Assemblée de Corse en faveur d'une autonomie renforcée, discours présidentiel de 2023, puis consultation de l'Assemblée de Corse en 2024. Le texte comprend un article unique créant un article 72-5 dans la Constitution, composé de six alinéas. Il reconnaît un statut d'autonomie à la collectivité de Corse, fondé sur ses spécificités (identité et culture corses, économie, foncier, attractivité, langue), de nature à justifier que certaines normes applicables en Corse diffèrent du reste du territoire. Concrètement, l'autonomie se traduit par un pouvoir d'adaptation des normes (exercé soit par le pouvoir national, soit par la collectivité de Corse) et, sur habilitation, par une compétence pour fixer des règles législatives et réglementaires dans ses domaines (aménagement du territoire, tourisme, développement économique). Une loi organique en fixera les conditions ; les matières régaliennes ont été expressément exclues du périmètre. Le texte pose plusieurs garde-fous : respect de l'indivisibilité de la République, de la souveraineté nationale, du français comme langue de la République (article 2), ainsi que du droit de l'Union européenne et du droit international. Lors de l'examen (164 amendements), la majorité a intégré des clarifications issues de l'avis du Conseil d'État ; une partie de la gauche a tenté, sans succès, d'ajouter des clauses de non-régression sociale et environnementale et la reconnaissance d'un « peuple corse, composante du peuple français » ; d'autres groupes y voient une atteinte à l'unité de la République.
Insère dans la Constitution un nouvel article 72-5 reconnaissant un statut d'autonomie à la collectivité de Corse, fondé sur ses spécificités, et lui ouvrant — dans des conditions et sous des réserves fixées par une loi organique, et hors matières régaliennes — un pouvoir d'adaptation des normes et, sur habilitation, d'édiction de règles dans ses domaines de compétence, le tout dans le respect de l'indivisibilité de la République, de la souveraineté nationale, du français comme langue de la République et du droit de l'Union européenne.
Voir les positionsAutonomie de la Corse ? J'ai voté contre, et j'assume. L'indivisibilité de la République, c'est pas un slogan, c'est un principe fondamental. Demain c'est la Bretagne, après-demain l'Alsace, on ouvre une boîte de Pandore qu'on ne refermera pas. Je ne fais pas confiance à ces élus corses qui réclament des droits particuliers tout en bénéficiant déjà de largesses que les Normands n'ont pas. L'État doit être le même partout, pour tout le monde. Un pays, une loi.