Déposée par Laure Miller
En discussion depuis le 17 novembre 2025
Question abordée
Quelles mesures l'État peut-il imposer, à l'échelle nationale, pour protéger les mineurs des dangers psychologiques et comportementaux liés aux réseaux sociaux, sans enfreindre le droit européen ni les libertés fondamentales ?
Présentation du texte
Cette proposition de loi fait suite au rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, rendu public le 11 septembre 2025. Après près d'une centaine d'heures d'auditions et l'analyse de 31 000 témoignages citoyens, ce rapport conclut que les réseaux sociaux exposent massivement les jeunes à des contenus dangereux (violence, automutilation, promotion du suicide) et que leurs algorithmes créent des effets addictifs particulièrement néfastes pour des cerveaux en cours de développement. La proposition de loi traduit en dispositions législatives une dizaine des 43 recommandations de cette commission. Elle agit sur plusieurs leviers complémentaires : interdiction d'accès pour les moins de 15 ans, couvre-feu numérique nocturne, signalement sanitaire, renforcement de l'éducation scolaire au numérique, extension de l'interdiction du téléphone au lycée, et responsabilisation pénale des parents en cas de négligence grave. Les auteurs reconnaissent que la régulation des contenus et des données relève principalement du droit européen (RGPD, Digital Services Act), mais soutiennent que des mesures nationales restent possibles et urgentes. Le texte, soutenu par une large coalition allant de Renaissance à la Droite Républicaine en passant par Horizons, a rencontré une opposition structurée du groupe La France Insoumise. Celle-ci conteste la faisabilité technique de l'interdiction d'accès, les risques pour les libertés numériques, et l'inutilité de mesures jugées démagogiques qui n'attaquent pas le modèle économique des plateformes. Plusieurs amendements ont été adoptés en commission, dont un ajout relatif à l'interdiction des écrans en crèche (article 1er ter) et une modification de l'article 7.
Interdit l'inscription aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, impose leur suspension, et instaure un couvre-feu numérique automatique de 22h à 8h pour les 15-18 ans, avec vérification d'âge selon un référentiel ARCOM et amende pouvant atteindre 3 % du chiffre d'affaires mondial en cas de manquement.
Étend les obligations des hébergeurs à la lutte contre les contenus promouvant le suicide, allonge les durées de suspension de comptes, double les amendes applicables aux fournisseurs non conformes, et élargit le champ des délits concernés.
Voir les positionsImpose une information sanitaire sur toutes les publicités pour les réseaux sociaux et une mention « déconseillé aux moins de 13 ans » sur les emballages de smartphones et équipements connectés, sous peine d'amende.
Voir les positionsComplète la définition légale de l'éducation au numérique pour y inclure explicitement une sensibilisation aux conséquences psychologiques de l'usage des réseaux sociaux et au fonctionnement des algorithmes.
Voir les positionsOblige le Gouvernement à remettre au Parlement, dans un délai de trois ans, un rapport évaluant le respect du droit européen par les plateformes et la persistance de risques pour les mineurs.
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