Déposée par Sandra Regol
En discussion depuis le 22 décembre 2025
Question abordée
Comment protéger les citoyens — parents, militants, acteurs associatifs — qui s'engagent contre le narcotrafic et la criminalité organisée et se retrouvent, de ce fait, ciblés par des réseaux violents, sans pouvoir bénéficier des dispositifs de protection existants ?
Présentation du texte
En France, le trafic de stupéfiants a causé 110 morts et 341 blessés en 2024, avec une hausse de 33 % des assassinats et tentatives d'assassinats en quatre ans. L'assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille le 13 novembre 2025 — frère du militant anti-drogue Amine Kessaci — a mis en lumière la vulnérabilité des personnes qui luttent publiquement contre les réseaux criminels dans leur quartier. Les dispositifs de protection existants présentent des lacunes importantes : la protection des repentis et des témoins est réservée aux personnes impliquées dans une procédure judiciaire, la protection fonctionnelle ne bénéficie qu'aux agents publics, et les lois Sapin II et Waserman sur les lanceurs d'alerte ne couvrent pas les militants anti-narcotrafic. Les parents, bénévoles et associations qui œuvrent à soustraire des jeunes aux trafics restent sans filet institutionnel. Cette proposition de loi, portée par le groupe Écologiste et Social avec l'appui d'autres groupes de gauche, crée un mécanisme de protection administrative spécifique inscrit dans le code de la sécurité intérieure. Il couvre les personnes dont les propos ou actions — documenter les crimes, aider les victimes, favoriser des sorties du trafic — les exposent à des menaces graves sur leur vie ou leur intégrité physique, ainsi que leurs proches. Le dispositif repose sur un principe de gradation : les services locaux de police et de gendarmerie prennent en charge les mesures de protection courantes, tandis qu'un service national intervient pour les situations les plus graves et peut aller jusqu'à attribuer une identité d'emprunt en dernier recours. Les associations engagées contre la criminalité organisée peuvent également saisir les autorités compétentes, avec l'accord de la personne concernée.
Insère dans le code de la sécurité intérieure un mécanisme de protection administrative — incluant des mesures graduées jusqu'à l'identité d'emprunt en dernier recours — pour les personnes et leurs proches exposées à des menaces graves du fait de leur engagement contre la criminalité organisée, géré par un service national saisi par le ministre de l'intérieur, les services locaux de police et de gendarmerie, ou des associations habilitées.
Compense la charge financière induite pour l'État par la création d'une taxe additionnelle sur les tabacs.
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